La situation en Centrafrique reste toujours tendue. Le sommet extraordinaire de la Communauté Économique...
09 janv. 2014La situation en Centrafrique reste toujours tendue. Le sommet extraordinaire de la Communauté Économique des États d'Afrique Centrale (auquel manquaient les présidents de la Guinée Équatoriale et le Cameroun) n'a fait que constater l'impuissance du président putschiste auto-proclamé Michel (?) Ndjotodia et de son Premier ministre Nicolas Tiangaye à ramener la sécurité dans le pays. La transition en Centrafrique est sous le contrôle de l'Onu, depuis la résolution du 5 décembre 2013 autorisant le déploiement des troupes françaises de l'opération "Sangaris" (1.600 militaires officiellement) et des troupes internationales de l'opération "Misca" (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) (6.000 militaires attendus, 4.000 présents opérationnels sur le sol centrafricain aujourd'hui).
Non seulement les troupes africaines présentent un effectif insuffisant par rapport à l'objectif de 6.000 militaires, mais la coordination, le commandement unifié, l'équipement de bon niveau et la capacité à effectuer le désarmement des troupes rebelles de la "Séléka" manquent cruellement. L'on a même assisté aux tirs des soldats tchadiens sur les civils manifestant contre leur présence dans le pays où ils sont soupçonnés de soutenir les miliciens de la Séléka, majoritairement dominés par les musulmans, dont une partie viennent du Tchad et du Soudan.
Les troupes africaines devraient être renforcées par les autres pays africains, au-delà de l'Afrique centrale, pour en garantir la neutralité et l'efficacité. Aussi, deux pays de l'Afrique orientale, le Burundi et le Rwanda alignent respectivement 850 et 800 militaires en Centrafrique pour participer aux opérations de la Paix. Si d'autres États africains contribuaient pour élever l'effectif militaire africain à 8000 militaires, déployés sur l'ensemble du territoire centrafricain plus étendu que la France, aux côtés des troupes européennes menées par la France, la solution militaire de paix et de sécurité pourrait être assurée avec un effectif militaire total de 10.000 hommes autorisés à l'usage des armes pour ramener la paix et la sécurité sur l'ensemble du territoire centrafricain.
Au-delà de la solution militaire, il est très urgent de construire une solution politique durable. Une transition apaisée ne pourra réussir qu'après une mise sous administration provisoire de la Centrafrique par la communauté internationale. Une période de 6 mois à 2 ans est indispensable pour permettre aux Centrafricains de dépassionner leurs ardeurs et de rechercher ensemble une solution durable pour rebâtir une nation solide sur de bonnes bases. Sans doute qu'une "grande concertation nationale" réunissant les représentants de tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, confessionnels, culturels, etc. permettra "une grande thérapie de groupe" d'où sortiront les orientations collectives pour refonder le pays. Aujourd'hui, la Centrafrique n'a ni armée, ni administration, ni État, ni sécurité pour prétendre se redresser toute seule. Après 53 ans d'indépendance, tout est à refaire !
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