La situation en Centrafrique apparaît de plus en plus complexe.
Le Conseil National de Transition (CNT) qui fait office de parlement de transition a été convoqué par les Chefs d’État de la CEEAC à N'Djamena au Tchad pour se prononcer sur la sortie du pouvoir du président auto-proclamé Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye. Cela peut paraître étrange qu'un pseudo-parlement d'un État indépendant soit convoqué à se réunion et légiférer dans une capitale étrangère. Néanmoins, la Centrafrique est membre de la CEEAC et donc est soumise à la Charte régissant cette communauté. Par ailleurs, la Centrafrique est un État fantôme qui n'a plus d'armée, plus d'institutions démocratiques, plus d’État, plus de sécurité sur l'ensemble de l'étendu du pays, plus de contrôle de son fonctionnement normal. De facto, la Centrafrique est sous-tutelle de la CEEAC pour sa gestion quotidienne et sous contrôle de l'ONU pour sa sécurité et la transition à travers l'opération "Sangaris" (menée par la France) et "Misca" (conduite par les États africains).
L’Exécutif actuel (président de la République et Premier ministre) étant devenus incompétents à gérer le pays, à ramener la sécurité sur le territoire national, ils se retranchent dans leur petits réduits de sécurité à eux. le président ne sort plus de son camp de protection avec ses gardes du corps Séléka et le Premier ministre ne sort plus de son hôtel par crainte d'être lynché dans la rue. Où est alors le pouvoir ? Ces deux hommes ne l'exercent plus et ils n'existent plus politiquement dans la gestion de la Centrafrique. Pire, le président et ses proches sont considérés comme les chefs de bandes des massacreurs Séléka dans le pays, ils ne peuvent donc pas "arrêter" les massacres des milices Séléka alors qu'ils les alimentent et allument les incendies.
Il apparaît ainsi que pour le retour de la sécurité dans le pays, le président et son Premier ministre doivent quitter les fonctions symboliques qu'ils occupent illégitimement. Pour le Premier ministre Nicolas Tiangaye, l'accord de Libreville qui le liait à l'ancien président François Bozizé est caduc depuis le coup d’État de la Séléka du 24 mars 2013.Aujourd'hui, il n'y a plus de pouvoir réel ou légitime en Centrafrique. Les Centrafricains sont livrés à eux-mêmes sous la protection des troupes françaises et africaines.
Pour une garantie de sortie de crise, le départ de Michel Djotodia et de Nicolas Tiangaye est indispensable. Ensuite, la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), l'UA (Union africaine) et l'ONU (Organisation des nations unies) doivent se concerter pour organiser une "ADMINISTRATION PROVISOIRE" du pays pour préparer le retour à la sécurité, organiser une transition apaisée, jeter les fondation d'un État totalement détruit, et préparer des élections générale. Pendant ce temps, les Centrafricains organisent une "Grande concertation nationale" ou "Conférence nationale" pour une thérapie de groupe réunissant tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, religieux, culturels, des Jeunes, des Femmes, etc. Il appartient aux Centrafricains eux-mêmes de définir leur Justice, leur Droit, leur Administration, leur Organisation territoriale, leur politique de développement... avec l'aide des experts et des organisations internationales compétentes.
APRÈS 53 ANS D’INDÉPENDANCE, IL FAUT TOUT RECOMMENCER POUR REDONNER DU SENS A LA NATION. TOUT EST A REFAIRE...

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