Après la description des difficultés à organiser un déconfinement pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, en raison des situations disparates entre les 27 pays de l’UE et le Royaume-Uni, il apparaît clair que les frontières devraient rester fermées pour longtemps encore, au moins jusqu’à la fin de l’été lorsque l’accalmie reviendra. La situation à travers le monde et en Afrique reste encore imprévisible.

     La situation décrite est extraite de notre panel de 100 pays, retenus sur tous les continents. Au soir du 18 avril 2020, le monde comptait 2,325 millions de personnes testées positives au covid-19, une forte population de 595.519 personnes qui en sont guéries et déplorait 160.448 décès. Les 27 pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni -sans l’île de Malte- comptabilisaient 96.770 morts de cette pandémie, soit 61% de notre panel et 60% de décès enregistrés dans le monde, pour une population totale qui ne représente qu’environ 8% de la population mondiale. L’Europe est donc le continent le plus éprouvé par la pandémie du covid-19, et plus particulièrement les dix principaux pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni (Italie, Espagne, France, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Portugal et Irlande dont le nombre de morts a franchi le seuil de 500 décès du virus), qui totalisent 97% des décès de l’Union et 59% des morts du covid-19 dans le monde.

     Parmi les partenaires de l’Union européenne, la Suisse jouit d’une position particulière entre l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la France. Si l’Allemagne et l’Autriche se portent relativement bien face à la crise du covid-19, la situation est très compliquée en Italie et en France. La Suisse avait connu une progression de plus de 1.300 cas de contaminations tous les trois jours après l’apparition du virus en mars, mais ce chiffre est passé à 929 entre le 12 et le 15 avril 2020. Il rebondit au-dessus de 1.000 nouveaux cas entre le 15 et 18 avril. Le nombre de personnes testées positives atteint 27.404 au 18 avril 2020. Le rythme des cas de guérisons se situe au-dessus de 1.700 personnes tous les trois jours ; il faudrait obtenir une inversion durable entre les contagions et les guérisons. Les décès sont en baisse régulière depuis le 9 avril, même s’ils restent supérieurs à 120 morts tous les trois jours au 18 avril. Entrée tard dans la crise du covid-19 par rapport à ses voisins, la Suisse semble relativement épargnée. Le déconfinement sera plus facile, d’autant que sa démographie plus faible que celle de ses grands voisins le lui permet.

     L’Iran connaît une situation encore complexe. La progression des contaminations reste très élevée avec plus de 4.000 personnes tous les trois jours, mais elle entame une nette diminution depuis le 3 avril. Le nombre de personnes testées positives est de plus de 80.868 au 18 avril 2020, alors qu’entre 6.000 et 8.000 personnes guérissent, sauf une situation singulière de 11.585 nouvelles guérisons entre le 9 et le 12 avril. Néanmoins, le pays est entré dans l’inversion entre les contaminations et les guérisons. Cependant, avec 5.031 décès le 18 avril, la progression reste relativement élevée au-delà de 250 nouveaux morts tous les trois jours. Le pays n’est donc pas encore prêt pour le confinement, alors qu’il fait partie des premiers pays contaminés après la Chine et avant l’Europe.

     La Turquie est un autre partenaire emblématique de l’Europe, avec le dossier brûlant des migrants venant d’Orient. La contamination est en forte croissance avec plus de 12.000 nouveaux cas tous les trois jours depuis le 9 avril. Elle atteint 82.329 cas au 18 avril, alors que les guérisons restent inférieures à 5.000 au cours du même intervalle de temps, malgré une nette augmentation observée. La mortalité progresse au-delà de plus de 300 décès tous les trois jours. Entré tard dans la crise pandémique, le pays déplorait  officiellement 1.890 morts au 18 avril, et la situation évolue très vite. N’ayant pas encore atteint le pic de la pandémie, il conviendra d’attendre encore plusieurs jours pour se projeter dans le déconfinement.

     Le Canada est un partenaire historique de l’Europe, et notamment de la France dont la province du Québec est héritière. L’ensemble du Canada observe une progression régulière avec plus de 3.600 nouveaux cas de contaminations au coronavirus tous les trois jours, pour atteindre 33.218 cas positif au covid-19 à la date du 18 avril 2020. Les guérisons enregistrées restent au-dessous de 2.500 personnes dans le même temps. Il n’y a pas encore d’inversion. La mortalité cumulée tous les trois jours est en progression, passant d’une hausse de 148 nouveaux décès au 6 avril à celle de 463 au 18 avril. Le Canada fait aujourd’hui partie des pays ayant franchi le palier de 1.000 morts du covid-19, pour atteindre le nombre de 1.469 au soir du 18 avril.  Il est donc encore très loin du pic de la pandémie pour envisager le déconfinement et la libre circulation de la population.

     Le Brésil a rejoint en avril les pays à forte présence du covid-19. La progression atteint 8.279 nouveaux cas entre le 15 et le 18 avril, pour une population contaminée d’environ 37.000 personnes aujourd’hui. Les cas de guérisons sont irréguliers car les données fiables manquent. La mortalité a fortement progressé, passant de 506 morts au 3 avril à 2.347 au 18 avril. Le pays est encore en pleine progression du virus. Le pic de la pandémie est encore loin pour envisager le déconfinement.

     La Russie est entrée dans le groupe des pays à propagation croissante de la contagion du covid-19 depuis début avril, passant de 4.149 cas le 3 avril à 36.793 cas positifs au total le 18 avril 2020. La progression de la contamination s’est donc accélérée, passant de 8.720 nouveaux cas entre le 12 et le 15 avril, à 12.303 cas entre le 15 et le 18 avril. Le nombre de guérisons est encore faible, mais il progresse rapidement, passant de 695 personnes entre le 12 et le 15 avril à 1.071 guérisons entre le 15 et le 18 avril. Entre temps, le nombre de décès a connu une accélération, passant de 34 (le 3 avril) à 313 (le 18 avril). Le pays est donc encore très loin du pic et aucun projection n’est possible sur l’arrêt de la pandémie.

     Les États-Unis d’Amérique constituent un cas d’école dans la propagation de la pandémie. Le nombre de personnes testées positives est passé de 265.506 à 735.311 entre le 3 et le 18 avril, soit une multiplication par 2,8 en deux semaines. Mais, le nombre de décès a plus que quintuplé, passant de 6.786 à 38.794 au cours du même laps de temps, soit une multiplication par 5,7. Globalement, plus de 90.000 nouveaux cas testés positifs tous les trois jours, alors que les guérisons sont inférieures à 20.000 personnes au cours du même intervalle de temps, même si elles sont en nette augmentation depuis le 12 avril. Tout s’accélère en avril, et il faut s’activer ardemment pour faire régresser les ravages du virus. C’est le pays qui affiche le plus grand nombre de décès du covid-19 dans le monde à ce jour, en très peu de temps, un véritable colosse aux pieds d’argile. La puissance de feu que constitue la science américaine tarde à se manifester. Le tableau ci-après indique les évolutions des situations variées des ces partenaires européens, américains et asiatiques, depuis le 3 avril 2020.

     Les pays africains semblent relativement épargnés à ce stade de la propagation du covid-19 dans le monde, si des puissances de l’ombre ne viennent perturber l’équilibre et les efforts des États. Certes, les pays du Maghreb sont très éprouvés comme les autres pays de côte méditerranéenne. L’Algérie, le Maroc et L’Égypte traversent de dures épreuves, avec plus de 2.500 cas testés positifs et plus 130 décès pour chacun de ces pays. Mais fort heureusement, ils enregistrent plus de guérisons que de décès, soit entre 300 et 900 personnes guéries dans chaque pays. L’Afrique du Sud et le Cameroun connaissent les mêmes difficultés, avec respectivement 3.034 et 1.017 cas testés positifs, 52 et 21 décès dus au covid-19, mais également des victoires de 903 et 177 guérisons obtenues. Entre l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud, l’Afrique Subsaharienne présente des cas variés, mais relativement peu inquiétants. Nous avions commenté ces situations dans les éditions précédentes, en rapport avec les autres continents dans la tragédie du covid-19. Nous constatons que les dirigeants ont déjà pris des mesures barrières pour contrer la propagation du virus. Pour l’ensemble des pays du continent, nous pouvons relever que 46 pays les plus touchés totalisaient 21.376 cas testés positifs, 1.053 décès du covid-19 et fort heureusement 5.207 personnes guéries. Parmi les pays affichant une population testée positive de plus de 100 personnes en Afrique, le Rwanda et le Madagascar n’ont pas encore enregistré un décès dû au covid-19. L’on ne peut que vivement souhaiter qu’ils n’en connaissent pas, et que les gouvernements poursuivent les efforts auprès de leurs populations respectives. De même, l’on ne peut qu’encourager les pays éprouvés par le virus de tenir ferme sur les mesures barrières et appeler à poursuivre les soins pour les malades, en fermant les oreilles aux oiseaux de mauvaise augure et à d’autres imprécateurs qui tentent de forcer la propagation du virus sur le continent. Tester le plus grand nombre d’habitants dans chaque pays, confiner les porteurs du virus et soigner rapidement les personnes qui développent la maladie avant qu’elle n’arrive au stade de la réanimation où c’est souvent trop tard pour la guérison. En leur appliquant l’hydroxychloroquine et l’azithromycine selon le protocole proposé par le Professeur Didier Raoult ou encore en recourant au traitement développé au Bénin par le Docteur Valentin Agon, l’apivirine, les malades en début d’infection seraient sauvés de l’aggravation de la maladie, pour réduire considérablement le nombre de morts. Le port du masque devient partout obligatoire, pour les porteurs sains de virus afin de ne pas contaminer les autres et pour les personnes saines afin qu’elles ne puissent pas attraper le virus. De nombreux cas d’infections légères ne pourront pas développer la maladie en raison d’une relative immunité acquise par les milieux hostiles de vie des populations rurales, et une médication régulière présente des antipaludiques et des antibiotiques pour une forte majorité des populations en Afrique Subsaharienne. C’est à partir de ces observations instruites par le terrain que le Docteur Valentin Agon a développé son protocole de médicament à base d’extrait de plantes, nativement antirétroviral, anti-VIH, antiviral et antibiotique. Le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour la découverte de la structure du VIH et son équipe, affirment que le covid-19 contient une séquence du VIH dans son ARN. Aussi, l’on peut considérer que l’apivirine constitue le traitement approprié et qui serait efficace contre le covid-19. Pour les Africains, il n’y a pas d’autre médicament disponible en dehors de ces deux traitements proposés. Et que les dirigeants africains apprennent à faire confiance aux talents et aux chercheurs du contient africain. Qu’ils comprennent que les grands lobbyistes internationaux défendent les intérêts de leurs clients des grands groupes pharmaceutiques, qui sont également les grands financeurs des programmes internationaux d’alimentation, de soins et de vaccinations, les grands influenceurs des organismes mondiaux pour les financements des pays pauvres (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, les Clubs divers, etc.) et détiennent le pouvoir pour l’agrément des médicaments par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Que l’on me comprenne très bien : je ne combats nullement le système capitaliste, et je reste fondamentalement libéral et social. Précisément, il faudrait que toutes les intelligences et tous les talents puissent s’exprimer, produire et mettre leurs œuvres à notre disposition, afin d’élargir l’offre, nous permettre d’exercer nos choix libres et éclairés. Les monopoles et les oligopoles qui bloquent les accès aux marchés à d’autres concurrents potentiels, deviennent dangereux pour l’économie, l’exploitation de nouveaux talents, la compétitivité par la qualité et par le prix. La santé et le bien-être des populations devraient primer sur les intérêts financiers. J’ai toujours prôné les sanctions contre les spéculateurs sauvages et les prédateurs, et pour la reconnaissance des talents des investisseurs et des créateurs de valeur. La pharmacopée est une science, un ensemble de connaissances et des savoir-faire pour la santé ; elle est la source principale et historique des médicaments dans le monde. L’apivirine, comme la chloroquine, en est issue ; c’est un médicament breveté, qui a déjà fait ses preuves. Alors, que les médecins s’en saisissent pour soigner les malades du covid-19. Le tableau suivant synthétise les situations variées au sein de 46 États parmi les 54 constituant le continent, en Afrique du nord et en Afrique subsaharienne, au soir du 18 avril 2020.


En conclusion
     L’Europe occidentale et les États-Unis sont durement frappés par le covid-19, mais leurs partenaires en Asie et en Afrique sont relativement épargnés de l’hécatombe, à ce jour du 19 avril 2020. Le redressement général des pays éprouvés passera par leurs partenaires, si ceux-ci ne deviennent pas des victimes des esprits destructeurs, malveillants et des prédateurs qui tentent de s’abriter derrière les organisations internationales, les groupes industriels pharmaceutiques ou derrière les organismes financiers internationaux dans le seul but de détruire les économies déjà fragiles des pays pauvres. L’on connait les nuisances des lobbyistes des grands groupes industriels au sein de la Banque Mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et d’autres puissances agissant sur l’Afrique et sur les autres pays pauvres. Plus de cent milliards de "pandemic bonds" (Obligations financières gagées sur les pandémies, dont la malaria, la grippe aviaire, le choléra, l’Ebola et le coronavirus) ont été émis en 2017 par la Banque Mondiale, et souscrits par les grands investisseurs privés au taux généreux et imbattable jusqu’à 12%. Leur maturité est prévue pour la liquidation à l’échéance de juillet 2020. Ils ont lancé la spéculation financière sur l’hécatombe dans des populations des pays pauvres due à des épidémies meurtrières. Quelle cupidité coupable ! L’on peut alors comprendre toute la pression qui s’exerce sur les dirigeants des pays pauvres depuis janvier 2020 pour qu’ils endettent leurs pays afin d’acheter à prix d’or les vaccins qui n’existent pas contre le covid-19, et participer ainsi au remboursement des obligations de la Banque Mondiale (World Bank). La cible principale est donc l’Afrique. Le Fonds monétaire international (FMI/IMF), qui avait participé à la ruine de l’Afrique à travers les PAS (Plans d’ajustement structurel = Plans d’appauvrissement structurel) au cours des années 1980 et début 1990 revient à la charge pour le compte des mêmes intérêts des donateurs et des grands investisseurs privés. L’on parvient à persuader un pays africain qui n’aura enregistré que moins de 1.000 cas positifs du covid-19 et quelques regrettables dizaines de décès, de contracter une dette de plus de cent millions de dollars pour lutter contre le virus. Et l’on ne lui explique pas pourquoi les États-Unis ou les pays de l’Union européenne, sérieusement ravagés par le covid-19, éprouvent d’insurmontables difficultés à venir à bout de ce même virus chez eux. Enfin, si le besoin de fonds pour le développement sur les principaux piliers indiqués dans "La Relance de l’Afrique" (Éditions L’Harmattan, 2017) est bien calibré, les Africains en Afrique avec toutes leurs ressources, et dans les diasporas à travers le monde manquent-ils réellement les moyens de réunir cent milliards de dollars pour financer leur propre développement ? Bien sûr qu’ils le peuvent, sans aller mendier et tendre la main. N’est-ce pas une honte de tout un continent, débordant de richesses et de ressources de toutes natures, de missionner quelques experts reconnus pour aller se mettre à genoux devant les "donateurs", afin de quémander et leur soutirer quelques millions de dollars pour l’après covid-19. Les contreparties sont bien connues : les contrats exclusifs d’exploitation des ressources naturelles, le soutien aux régimes autoritaires en charge de veiller à ces exploitations, les taux d’intérêts exorbitants avec d’importantes primes de risque pour se prémunir contre de prétendus impayés, alors que les prêts sont garantis sur les ressources naturelles très abondantes et négociées aux cours les plus bas du marché mondial. L’Union africaine devrait éprouver une honte amère pour cela. Et pendant ce temps, l’apivirine, le médicament africain contre le covid-19, reste dans les cartons, parce que les industries pharmaceutiques occidentales ne l’acceptent pas encore pour protéger leurs marchés potentiels et ne pas concurrencer leurs propres productions. D’autres médicaments locaux contre la malaria (paludisme) existent en Afrique et en Asie. Alors, dirigeants africains : que faites-vous de vos scientifiques, de vos chercheurs, de vos experts, de vos talents, de vos sachants, de votre jeunesse, de vos ressources, de votre argent ? Les plus importantes ressources naturelles et inaliénables dont sont dotées les nations, ce sont les ressources humaines. Prenons tous bien soin de leurs vies et de leur santé pour construire ensemble notre avenir.

Emmanuel Nkunzumwami
Écrivain - Essayiste
Analyste économique et politique
Président de Future Afrique Notre Avenir
Email : emmankunz@gmail.com
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