Les observateurs des salons feutrés de Paris comprennent-ils la misère que traversent les habitants ...
09 déc. 2013Les observateurs des salons feutrés de Paris comprennent-ils la misère que traversent les habitants de Centrafrique ? Amis centrafricains, pas de Vengeance, nous a appris Madiba Nelson Mandela. Les jeunes tueurs à la machette et à la grenade sont manipulés par les dirigeants de Bangui, parvenus au pouvoir dans le chaos du départ de l'ancien président François Bozizé. Si le président François Hollande s'est interrogé, à juste titre, comment "on garder un président qui n'a pas su protéger ses habitants ou qui a laissé faire ses tueurs de la Séléka", les Centrafricains sont également nombreux à s'interroger sur comment mener une transition apaisée. Les observateurs ne peuvent pas demander l'intervention de la France et de l'ONU pour soulager les douleurs de ces habitants meurtris, et en même temps imaginer des plans cachés de Paris.
Aucune guerre n'est propre par nature, aucun pays n'est philanthrope dans la compétition internationale. Le dividende de la guerre existe, mais le principal objectif est d'abord de sauver des vies humaines. Bravo à François Hollande pour ce chapitre, autant au Mali qu'en Centrafrique.
Quant à l'agenda politique, il convient d'observer que l'arrivée de la Séléka a terriblement accéléré la décomposition et la destruction de Centrafrique (vies humaines, économie, agriculture, santé publique, éducation, infrastructures publiques, Etat et ses structures, etc.). Comment faire une confiance politique de reconstruction d'un pays à ceux-là même qui viennent de le détruire avec un plan préparé d'avance. Comment faire restaure la sécurité et la paix entre les communautés confessionnelles à ceux-là même qui ont introduit et organisé ces tueries à grande échelle avec des tueurs musulmans radicaux de la Séléka.
Si la solution est d'écourter au maximum la transition à six mois, le temps d'instaurer la sécurité sur tout le territoire, et démarrer une véritable transition avec une équipe neuve sous protection de l'armée internationale, avant de traduire les criminels devant la juridiction internationale, alors la France aura accompli une œuvre salvatrice pour la Centrafrique. Néanmoins, ce pays, doté d'une nouvelle équipe compétente et d'un code de bonne gouvernance, aura encore besoin de la sécurité assurée par les troupes internationales : le temps de constituer sa propre armée à partir de sa jeunesse actuelle. Et si la Centrafrique devait tourner une page, et confier son destin à une FEMME ? Elle est déjà sur la starting block.
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Centrafrique : doutes sur l'objectif de la France
Le Monde | * Mis à jour le | Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) La parole d'un président français a, en République centrafricaine (RCA), une résonance particulière. Plus encore quand ses soldats, désormais au nombre de 1 600, sont en train de se déployer dans le pays et devraient commencer, lundi 9 décembre, à prendre des mesures de désarmement dans la ville de Bangui.