Emmanuel
15 mai 2015/https%3A%2F%2Ffbcdn-profile-a.akamaihd.net%2Fhprofile-ak-xap1%2Fv%2Ft1.0-1%2Fp50x50%2F11229684_1078941178787179_6455073933755788286_n.jpg%3Foh%3D116ea206f9fceffe12d5c75ef8ef93c4%26oe%3D55D66E4E%26__gda__%3D1439185039_3adbc7df859567bac1e60184b8b93dc4)
Bonjour à tous.
Nous venons d'assister, en République du Burundi, une situation contraire à l'idée que nous nous faisons de la démocratie mûre, responsable et orientée vers le développement économique et social, et la sécurité durable pour tous.
Un président élu veut briguer un 3ème mandat. La constitution dispose que le président de la République est élu au suffrage universel direct. Le mandat est renouvelable une seule fois. Les Burundais divergent alors sur la nature du 1er mandat de Pierre Nkurunziza issu, non du suffrage universel direct, mais de l'accord de Paix d'Arusha. C'est une question juridique et sémantique sur l'interprétation de la Constitution. Il n'y a pas lieu de "manipulation" de la CONSTITUTION INTERIMAIRE POST-TRANSITION DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI, mais "interprétation" de deux articles de ladite Constitution portant sur l'élection présidentielle et l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi du 28 août 2000.
L'interprétation de ce 1er mandat régulier de 5 ans a provoqué une crise politique et des violences ayant entraîné la mort de plusieurs personnes.
Pour résoudre cette CRISE POLITIQUE PRÉ -ÉLECTORALE, fallait-il utiliser le moyen encore plus illégal et le moins démocratique qui soit : la prise du pouvoir par la force, par un coup d'État militaire ? Ma réponse est évidemment : NON. En 2015, comme cela aurait dû se produire au Burundi depuis 1965, le pouvoir doit se négocier par les URNES. Les situations d'exception sont très loin derrière nous, au Burundi comme dans de nombreux autres pays en Afrique. Il faut donc privilégier le débat, et même les grands Débats publics sur tous les sujets, y compris et surtout sur l'exercice du Pouvoir. La force du débat ne réside pas dans les convictions de chacun, mais dans la confrontation des idées et l'argumentation solide de chacun des contradicteurs.
Le coup d'État ne peut pas être une solution à une crise politique issue d'un contentieux électoral. Que les têtes et les cœurs se calment, et que le débat démocratique intelligent prenne place et se substitue définitivement aux violences.
Emmanuel NKUNZUMWAMI, Essayiste.
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