QUATRE MOTEURS DE LA REPRISE ECONOMIQUE !

Publié le par Emmanuel Nkunzumwami

Les vacances sont terminées pour la majorité des Français. La rentrée politique et économique du 23 août sID’accompagne de la rentrée scolaire du 1er septembre et de la rentrée universitaire de mi-septembre à mi-octobre 2010. La France active se réveille donc et se remet en marche. Nous retrouvons nos bureaux, nos salles de classes, nos chaînes de production dans des usines, nos chantiers divers, nos hémicycles pour les élus locaux, territoriaux ou nationaux… Serait-ce le temps de réfléchir également aux solutions à nos maux ? Certains retrouvent leur travail, d’autres en changent ou découvrent le monde du travail ; mais beaucoup restent encore sur le bord de la route de la reprise économique. Le chômage frappe encore plus de 9,5% de nos concitoyens. Le redémarrage de l’économie ne le sera donc pas pour tous. Aux trois moteurs classiques de notre économie, ne faudrait-il pas en rajouter un quatrième ? En effet, autour de la production, trois moteurs jouent la propulsion : la consommation, l’investissement et l’exportation. Or pour consommer, il faut des revenus solides, croissants, durables et garantis pour les consommateurs. En temps de crise, ces attributs s’effondrent et les consommateurs freinent ou se rabattent sur les produits les moins chers, quitte à favoriser les importations qui dégradent la balance du commerce extérieure. Nous vivons cela depuis de nombreuses années. Ensuite l’investissement : ce sont les secteurs publics et les entreprises qui investissement soit pour améliorer le confort, l’efficacité et la productivité des services publics, soit pour renouveler, améliorer ou rénover les moyens de production dans les entreprises. Et si après la production ainsi accrue, la consommation ne suit pas pour l’absorber, il y a formation de la production stockée. Alors se met en route le troisième moteur : les exportations pour écouler nos productions. Mais combien d’experts nous apprennent que les produits français ne sont pas suffisamment compétitifs sur les marchés internationaux ; ce qui se traduit par notre faiblesse chronique à l’exportation. Mais que font les Allemands, les Néerlandais, les Scandinaves… eux qui produisent dans les mêmes conditions que les Français, disposent de meilleurs niveaux de revenus du travail mais exportent mieux que les Français ? Je connais la réponse des « intellectuels » de gauche : c’est la faute aux « entreprises du CAC40 » ! Ainsi, on a trouvé l’exutoire. Et alors, pourquoi les autres de la masse des 99% d’entreprises restantes ne prennent-elles pas le relais ? La réponse est toute faite : « c’est l’exception culturelle française » car on est sur le front de droits de l’homme dans le monde et sur la lutte contre le capitalisme exacerbé par la mondialisation… Et puisque les trois moteurs sont grippés –la consommation, l’investissement et l’exportation- alors la production se contracte. Et c’est alors que l’Etat prend ses responsabilités pour accroître les investissements publics pour maintenir l’activité dans le pays. En accroissant les interventions publiques, les dépenses du budget de l’Etat explosent. Mais, les économistes vont alors nous apprendre que le déficit public devient inquiétant. Mais voyons : comment s’étonner que si le déficit budgétaire s’accroit (différence entre les recettes et les dépenses publiques), et que l’Etat recourt à l’endettement de plus en plus croissant pour couvrir les investissements afin de maintenir l’activité dans le pays, alors que la production stagne et parfois recule en temps de crise, alors le ratio « déficit budgétaire/production intérieure brute » ou « endettement public/production intérieure brute » s’accroit, puisque le dénominateur stagne alors que le numérateur explose. Ce n'est que de l'arithmétique. De plus, l’endettement est doublement vicieux dans le calcul puisqu’il alourdit la dette publique d'un côté et, de l'autre côté, participe au déficit budgétaire par le paiement des intérêts de la dette. D’où, tout repose sur l’accroissement de la production intérieure. Et les trois moteurs doivent être actionnés en même temps pour retrouver le cercle vertueux que redécouvrent nos grands partenaires des pays industrialisés historiques. C’est alors que notre quatrième moteur devrait également se mettre en route : l’emploi pour accroître le revenu du travail. Pour les jeunes, ce moteur est alimenté par l’apprentissage. Il y a plus de 3 millions d’entreprises de plus d’un emploi en France. Et nous avons plus de 300 mille jeunes « en errance » chaque année qui seraient intéressés par l’apprentissage. Les ambitions du « Développement Economique Régional » devraient s’orienter vers ces populations. Ensuite, la gauche a diffusé longtemps les dogmes du partage du travail en entreprise pour « faire sortir les séniors » en vue de « laisser du travail au jeunes » ou par la réduction du temps de travail pour que chacun ait sa part. Contrairement à ces idées reçues, c’est le travail qui produit le travail : les séniors encadrent les jeunes (apprentissage, stages scolaires, initiation aux métiers, innovations technologiques, recherche et développement, etc.) pour préparer les emplois futurs. Les emplois des séniors et ceux des jeunes sont donc complémentaires. L’éducation économique devrait alors commencer par les conversions des mentalités de nos chefs d’entreprise et dans leurs relations constructives avec les partenaires publics. La France devrait sortir des antagonismes idéologiques hérités de la lutte des classes tels que les chefs d’entreprises « exploitent » les salariés, alors les syndicats contestent, revendiquent et s’opposent aux patrons au nom des salariés anonymes. Mais en même temps, les employeurs et les actionnaires devraient mieux respecter les salariés qui produisent la richesse des entreprises à travers divers signes de reconnaissance : améliorer l'intéressement et la participation des salariés aux fruits de l'expansion, accepter le partage des revenus comme l'a déjà suggéré le président de la République Nicolas Sarkozy par l'équilibre de la répartition des bénéfices nets après impôt sur les sociétés du 1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour les salariés et 1/3 pour l'investissement et le développement de l'entreprise pour assurer son avenir. Nous devrions alors découvrir le syndicalisme actif de concertation, de négociation et de proposition avec le patronat pour l’intérêt de l’emploi et du revenu pour des jeunes, des salariés et des séniors. Actionner rapidement et simultanément les quatre moteurs : Emploi, Consommation, Investissement et Exportations permettra à la France de se remettre debout. A l’occasion de la rentrée économique 2010, chacun devrait se concentrer sur ses compétences pour contribuer au progrès de tous. Bonne rentrée et bon travail.

Emmanuel Nkunzumwami

Auteur de la « Nouvelle Dynamique Politique en France », Editions L’Harmattan.

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