LE G20, L'AFRIQUE ET LA MONDIALISATION (4)

Publié le par Nouvelle Dynamique

I.              Les grandes priorités du G20 en 2011

L’économie mondiale doit être pilotée pour éviter les dérives, les concurrences sauvages, les destructions de l’environnement, les inégalités trop criantes entre les populations, et organiser un développement solidaire de tous les pays. Aussi, pour atteindre ces objectifs, le G20 s’est donné des objectifs :

1-            Réformer le système monétaire international : pour que la croissance économique mondiale soit forte, durable et équilibrée, le contrôle de la volatilité des monnaies, des déséquilibres des changes, des niveaux des réserves de capitaux, est indispensable. Si la zone Euro s’est dotée d’une monnaie à caractère technique pour lutter contre l’inflation, gérer le pacte de stabilité et de croissance et la discipline budgétaire des Etats membres, le dollar des USA comme le Yuan des Chinois restent des monnaies à caractère de domination commerciale et politique en vue du contrôle des changes et des réserves financières dans le monde pour le dollar USA, et la dynamique des exportations pour le Yuan chinois. Ces monnaies s’ajustent alors à des conjonctures politiques suivies par leurs pays. L'Euro ne s'adapte pas aux choix politiques d'un Etat membre, cela en fait une différence significative pour la régulation du système monétaire internationale.

2-            Renforcer la régulation financière : ce domaine concerne notamment les marchés boursiers et les activités bancaires dont les métiers se sont orientés vers le « casino » de la spéculation et des gains rapides procédant des méthodes proches du « vol légal » que du financement de l’économie. Les agences de notation et la distribution des bonus des traders entrent dans le champ de ces régulations.

3-            Lutter contrer la volatilité des cours des matières premières : le monde a connu des tensions de famine en 2007-2008 dues aux spéculations sur les cours des produits alimentaires dont une partie était détournée vers les biocarburants, raréfiant ainsi l’offre disponible pour l’alimentation humaine et animale et provoquant la flambée des cours mondiaux. Mais pendant que les producteurs connaissaient les faillites, les marchés et les intermédiaires intervenant sur les cours réalisaient des profits dans une totale indécence. Prendre conscience que le monde doit nourrir 7 milliards d’humains et orienter les productions agricoles principalement vers l’alimentation est une priorité. Le G20 devra également mettre en place des moyens de contrôle des spéculations sur les cours des matières premières énergétiques (pétrole, gaz), environnementales (forêts, biodiversité animale et végétale) et minière, notamment en Afrique.

4-            Soutenir l’emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation : l’éducation et l’emploi des Jeunes dans tous les pays, la généralisation et la consolidation du socle de protection sociale, le respect des droits sociaux, des travailleurs et du travail dans tous les pays constituent partout un impératif. A ce chapitre s’inscrivent le dialogue social avec les partenaires sociaux représentatifs, les libertés syndicales, les luttes contre les discriminations socio-ethniques pour l’accès et les évolutions professionnelles en Europe, en Amérique et dans le reste du monde.

5-            Améliorer la gouvernance mondiale : la globalisation des économies impose une gouvernance claire et un contrôle équitable des institutions internationales. Créer un lien permanent entre le G7, le G20 et le G192 représenté par tous les pays membres de l’Organisation des Nations-Unies suppose une rénovation du fonctionnement de cette organisation. Aujourd’hui, le Conseil de Sécurité de l’ONU est constitué par les pays de la conférence de Yalta au cours de la 2ème guerre mondiale. Le bloc occidental rassemble les trois vainqueurs de cette guerre (USA, Royaume-Uni et la France) et le bloc de « l’ex-rideau de fer » est représenté par la Russie et la Chine. Cependant, le monde a beaucoup évolué depuis la fin de cette guerre, et nombre de pays de l’Europe de l’Est ont rejoint l’Union Européenne après la réunification de l’Allemagne et la désintégration de l’ex-URSS. Il est alors important, à l’image du G20, d’ouvrir le Conseil de Sécurité à de nouveaux pays émergents représentant l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. C’est ainsi que la prise des responsabilités et le partage des devoirs de tous les continents seront la meilleure garantie du respect des coordinations économiques, sociales, politiques et environnementales.

6- Agir pour le développement : les pays du G20 représentent les deux tiers de la population mondiale et 85% de la richesse produite dans le monde. Il s’appuie sur l’expertise technique du FMI, de la Banque Mondiale,  de l’OCDE, de l’OIT, de l’OMC, du Conseil de Stabilité Financière et de l’ONU et de ses organes spécialisés. Le G20 a donc tous les leviers pour agir concrètement sur le développement, notamment en Afrique et en Asie. En priorité, le développement des infrastructures (routières, sanitaires, médicales, scolaires, portuaires, aéroportuaires, ferroviaires, etc.…) pour désenclaver les Etats, créer la fluidité des populations en désengorgeant des monstrueuses grandes villes, organiser la circulation des personnes et des biens à l’intérieur des espaces nationaux, régionaux et internationaux. La sécurité alimentaire permettra de lutter contre les famines à travers l’amélioration des techniques agricoles et d’élevage, les régulations et les contrôles des spéculations. Enfin, le G20 devrait coopérer avec les pays africains producteurs des matières premières consommées dans le monde afin de créer des filières de valorisation et création de la valeur ajoutée à travers des industries de transformation sur le continent africain. Le financement de ces nouvelles initiatives pourra être complété par des taxes nouvelles, comme des taxes sur les transactions financières, des acteurs du tourisme et des transports aériens.

Publié dans emmankunz

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Y.L. 23/04/2011 15:14



Votre conclusion démontre le primat de la politique, dont l'exercice est cependant le plus difficile, entre partenaires, évidemment, mais aussi avec son "objet", cette masse d'entreprises ne
cherchant qu'à survivre sur leur terrain, à l'aveugle.