LA SOLUTION A LA CRISE POLITIQUE INTERNE IVOIRIENNE NE PEUT PAS ETRE MILITAIRE EXTERIEURE

Publié le par Nouvelle Dynamique

DESTRUCTION ABIDJANABIDJAN2preuve fraude electorale bandama[1]I.                 Rappels des faits :

 

          Le premier président de la République de Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny dirige le pays de 1960 à décembre 1993, après avoir exercé dans les gouvernements français de 4ème République. Le Président de l’Assemblée Nationale, Henri Konan Bédié assure alors l’intérim jusqu’à l’élection présidentielle d’octobre 1995. Alassane Ouattara, tente de se porter candidat à l’élection présidentielle d’octobre 1995 mais en est empêché par sa « nationalité douteuse » au terme des débats sur « l’ivoirité » introduit par Henri Konan Bédié. En effet, au cours de toute sa carrière « internationale » à la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et au FMI, Alassane Ouattara a fait prévaloir « sa nationalité burkina bé » dans tous les actes officiels. Après l’épisode du coup d’Etat du Général Robert Guéi contre Henri Konan Bédié le 24 décembre 1999, de nouvelles élections présidentielles ont lieu en octobre 2000 auxquelles Alassane Ouattara ne peut pas prendre part pour les mêmes raisons de sa « nationalité étrangère » à la Côte d’Ivoire. Robert Guéï à l’instar de Henri Konan Bédié écartent Alassane Ouattara de la course à l’élection présidentielle. Le second tour opposant le Général Robert Guéi à Laurent Gbagbo est remporté par Laurent Gbagbo mais Robert Guéi tente de se maintenir au pouvoir. Les manifestations contre l’usurpation du pouvoir par Robert Guéï et pour l’exercice de la démocratie électorale se soldent par la mort de 300 personnes et la reconnaissance de l’élection de Laurent Gbagbo au poste de Président de la République. Cependant, Laurent Gbagbo souhaite travailler avec la France d’égal à égal et instaurer de nouvelles relations politiques et économiques avec l’ancienne puissance coloniale. Il est l’objet de plusieurs tentatives de « coups d’Etat » des Rebelles du nord dont celui du 19 septembre 2002 au cours duquel Robert Guéï est retrouvé tué dans le quartier de Cocody à Abidjan pendant cette tentative de coup d'État. Son épouse et le ministre de l'intérieur, Émile Boga Doudou, sont également tués.

Dès cette date, les Rebelles prennent l’appellation des « Forces Nouvelles » et s’installent durablement en Zone Nord de Côte d’Ivoire d’où ils conquièrent le Nord, le Centre et l’Ouest de la Côte d’Ivoire. De nombreuses rencontres en vue d’un accord de paix ont lieu se concluent par l’élection présidentielle ouverte à tous les partis politiques et où Alassane Ouattara est enfin autorisé à concourir grâce une ordonnance signée par le président Laurent Gbagbo l’affranchissant de la justification de sa filiation ivoirienne «de père et de mère » ivoiriens.

 

Enfin, après de nombreux reports de cette élection présidentielle en raison des conditions d’insécurité dans le pays et de partition du territoire, malgré la présence de plus de 10.000 casques bleus de l’ONU (forces de l’ONUCI) chargés d’assurer la paix dans ce pays et des militaires de l’opération française LICORNE dont le nombre a souvent fluctué entre 4000 et 1000 ces dernières années, le premier tour de l’élection présidentielle a lieu le 31 octobre 2010 au terme de la Constitution ivoirienne qui dispose que le premier tour de l’élection présidentielle à deux tours a lieu le dernier dimanche d’octobre. Malgré quelques irrégularités mineures au cours du premier tour, le Conseil Constitutionnel et les divers candidats présents à cette élection conviennent des résultats qui sont ensuite certifiés par les observateurs de l’ONU et validés par le Conseil Constitutionnel en l’absence des recours des candidats. Un second tour est organisé le 28 novembre 2010 entre les deux candidats arrivés régulièrement en tête du premier tour, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Des irrégularités et des fraudes massives sont constatées dans les zones Centre, Nord et Ouest contrôlées par les troupes des rebelles fidèles à Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo fait recours au Conseil Constitutionnel, seul juge constitutionnel pour connaître la validation ou non de l’élection présidentielle comme cela aurait pu se produire en France ou dans tout autre pays démocratique souverain. Pendant l’étude et le contrôle des recours formés par Laurent Gbagbo, un fonctionnaire de l’ONU et le président de la Commission Electorale Indépendante, instances administratives nommées pour surveiller le processus électoral et certifier les résultats comptables des élections se précipitent à l’Hôtel du Golfe où réside Alassane Ouattara pour le proclamer vainqueur de l’élection présidentielle devant une chaîne de télévision française. Cependant, l’analyse des fraudes et des irrégularités menée par le Conseil Constitutionnel conclut à l’élection de Laurent Gbagbo. Dès les 4 décembre 2010, une nouvelle crise politique naît en Côte d’Ivoire à la suite des divergences sur le vainqueur de l’élection présidentielle. Laurent Gbagbo est investi par le Conseil Constitutionnel au terme de la Constitution et poursuit sa fonction de Président de la République de Côte d’Ivoire. Parallèlement, la « Communauté internationale » menée par la France et les Etats-Unis conduit l’ONU a reconnaître Alassane Ouattara comme Président. La Communauté Internationale n'ayant aucune personnalité juridique, les Soutiens Occidentaux à Alassane Ouattara l'incarnent dans l'ONU. Mais, aucun président élu au monde n'a une légitimité par l'ONU, mais par le peuple de son pays. Un "président reconnu par la Communauté Internationale" n'a aucune légitimité démocratique dans son pays s'il n'a pas été clairement élu.

 

2- Pas de solution militaire à une crise politique

 

Dès le 19 septembre 2002, la raison officielle ayant poussé les puissances extérieures aidées par la France à destituer Laurent Gbagbo est la dérive dictatoriale du Président Laurent Gbagbo. Cependant, les premières tentatives de coup d’Etat ont lieu moins d’un an après son investiture ! Et la partition du pays intervient seulement 19 mois après l’investiture du président Laurent Gbagbo. La raison officielle n’est donc pas réelle mais il faudra la chercher dans ses combats « socialistes » au sein de son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI) et sa volonté d’autonomie vis-à-vis de la France et son émancipation du Parti Socialiste français qui l’a formé. Néanmoins, le Président Jacques Chirac le trouve sincère dans ses bonnes relations avec la France et lui reconnaît la stature d’un véritable Homme d’Etat pour son pays. Fin connaisseur de l’Afrique, le Président Jacques Chirac ne pousse pas à la destitution de son homologue, préférant des accords de paix à travers les médiateurs africains (Afrique du Sud, Burkina Faso) pour garantir une sortie pacifique de la crise politique. Un statu quo est donc maintenu jusqu’aux élections présidentielles d’octobre-novembre 2010.

Il est donc clair que l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 a opposé un « Candidat Populaire » en Côte d’Ivoire à un « Technocrate de l’Occident ». D’un côté, un candidat appuyé par une majorité de la population ivoirienne et l’armée des Forces de Défense et de Sécurité nationale (FDS) et de l’autre, un candidat soutenu par les Puissances Occidentales, dont la France et les Etats-Unis, qui interviennent par ONU interposée en fermant les yeux sur l’armement lourd et l’entraînement des Forces Nouvelles rebelles qui occupent plus de la moitié du pays. A la suite de l’accélération de la crise née de l’élection du 28 novembre 2010, les Occidentaux tentent de s’appuyer sur l’ECOMOG (une armée de l’Afrique de l’Ouest) pour sortir Laurent Gbagbo du pouvoir par la force mais les Etats de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) se divisent rapidement sur l’usage de la « Force Légitime » (un concept étrange, s’agissant de régler un contentieux électoral) pour faire une guerre à un Etat membre, d’autant que 40% des habitants de la Côte d’ivoire proviennent de ces Etats. Au sommet de l’Union Africaine des 29 au 31 janvier 2011, les Etats-Africains décident de confier le dossier à cinq Chefs d’Etat Africains pour proposer une solution contraignante pour les deux protagonistes dans le délai d’un mois (une proposition attendue pour mars 2011). En début mars, les puissances Occidentales, sous couvert de l’ONU, font pression sur le Panel de l’Union Africaine pour déclarer Alassane Ouattara président « reconnu par la Communauté Internationale ». Mais, le Panel, conscient de sa responsabilité à démettre un Président élu du peuple, Laurent Gbagbo, ne prend pas de décision et préfère transférer le dossier à la Commission de Sécurité de l’Union Africaine. En effet, de nombreux pays africains se désolidarisent des positions de l’Occident qui fait pression sur l’ONU pour faire reconnaître Alassane Ouattara comme président de Côte d’Ivoire. C’est alors dans cet imbroglio que l’ONU tente de voter une résolution impliquant l’usage de la force pour faire plier Laurent Gbagbo et le démettre. Et c’est la Force Française LICORNE qui est chargée par la France de mener l’Opération militaire pour le compte de l’ONU. Ce choix est une erreur d’appréciation et une méconnaissance de la capacité de résistance des forces fidèles à la légalité, sensibles à la souveraineté internationale de la Côte d’Ivoire et au respect de la Constitution ivoirienne. Aussi, la France, en s’impliquant militairement et officiellement dans la guerre aux côtés des forces rebelles qui ont changé de nom pour s’appeler « Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) », intégrant les milices  des « Commandos Invisibles » qui se sont distingués dans les massacres à Abidjan et qui se vantaient d’avoir égorgé de nombreux policiers, pour installer Alassane Ouattara, est cohérente dans sa politique puisqu’elle avait été la première nation à accréditer l’ambassadeur d’Alassane Ouattara, Ali Coulibaly, comme ambassadeur de Côte d’Ivoire. Cette appréciation n’est pas partagée ni par la majorité des Ivoiriens, ni par les Africains de la Diaspora, ni par les « Principaux » Etats africains. Le risque d’enlisement, de « viet-namisation des années 50-60» ou de « libanisation des années 70-80 » apparaît nettement aujourd’hui.

 

3- Les risques du mauvais choix occidental

 

En imposant Alassane Ouattara comme président de Côte d’Ivoire, la France, les Etats-Unis et l’Occident, avec l’usage d’un outil juridique appelé l’ONU, suscitent les haines et colères des Ivoiriens contre l’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, membre de l’ONU, indépendant et doté de ses lois, de sa constitution et de son code électoral que ces pays ont sportivement voulu ignorer. Ils créent ainsi un précédent de ne pas reconnaître les résultats des élections d’un Etat indépendant et souverain en lui imposant un « président reconnu par la communauté internationale », un nouveau concept sans aucun fondement juridique dans le droit international. Il s’agit d’une négation pure et simple de la souveraineté d’un Etat africain et cette situation crée un sentiment de plus en plus grandissant du mépris de l’Occident des Institutions des Etats africains. La réaction pourrait être violente contre la France au sein des Etats africains jaloux de leur indépendance et aucun Français ne le souhaite, tant nous avons tissé de bonnes relations séculaires avec l'Afrique. Par ailleurs, une solidarité inter-Etats pourrait se développer au secours de la Côte d’ivoire, accroissant les risques d’enlisement dans une guerre longue et d’usure dont la France pourrait faire les frais et sortir très affaiblie. Pourtant, sous la présidence de Laurent Gbagbo, les Français de Côte d'Ivoire ne s'en sont pas plaints en dehors des épidodes malheureux des reprises d'hostilités entre les Forces Nouvelles (les Rebelles) et les Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI). Les entreprises françaises du bâtiment et des travaux publics, des transports et dee la gestion portuaire, de l'industrie agro-alimentaire, des télécommunications, du pétrole, des mines, du cacao et du café, etc. ont bien prospéré selon une formule entendue du président Laurent Gbagbo : "vous gagnez et nous aussi nous gagnons". En effet, les entreprises françaises sont parmi les principaux employeurs du pays. Mais les Dirigeants français se méfiaient de cet homme, jusque dans les rangs de ses amis Socialistes français :  trop autonome politiquement, jaloux de la souveraineté de son pays, soucieux d'installer une démocratie ouverte, habité par un idéal de donner la chance à tous les Ivoiriens même s'il se défend qu'il n'est pas "socialiste pratiquant".  Contrairement à la Tunisie (après 23 ans de pouvoir absolu de Zinnedine Ben Ali) ou à l'Egypte (après 31 ans de dictature militaire de Hosni Moubarak) où les peuples affamés par leurs dirigeants ont mené des révolutions, Laurent Gbagbo a subi une guerre pour le renverser un an et demi après son investiture. Mais, une crise politique ne se résout pas par la puissance de feu des armes. Le Président Laurent Gbagbo a accepté le décomptage des voix et c’est le Secrétaire Général de l’ONU sous contrôle qui plaide que « ce serait injuste pour Alassane Ouattara », comme si en Afrique, on ne compte les voix pour connaître le vainqueur d’une élection présidentielle, indiquant ainsi que Alassane Ouattara a été bel et bien désigné par les Occidentaux pour être président de Côte d’Ivoire… Une première dans un Etat souverain qui aspire a une démocratie ouverte et apaisée ! D’autres experts électoraux ont insisté sur la nécessité de repasser par un autre tour d’élections après une période de transition pour redéfinir les conditions indispensables à une tenue d’une élection libre, transparente et démocratique dans la sécurité des citoyens et le contrôle efficace. Cette solution est le meilleur compromis que le Président Laurent Gbagbo avait accepté, d’autant qu’il ne lui reste que ce dernier mandat. Les soutiens occidentaux d’Alassane Ouattara se sont opposés à toute solution démocratique et transparente pour résoudre cette crise. Ils ont préféré un forcing pour installer Alassane Ouattara par la victoire militaire en impliquant des soldats de paix de l’ONUCI et des soldats de l’opération LICORNE. Nous aurions aimé que les Forces Internationales se préoccupent de la sécurité des populations civiles prises entre les feux des belligérants et laissent Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara poursuivre leurs négociations, puisqu'il persiste un désaccord sur le résultat de l'élection présidentielle. En fin de course, ils pouvaient accepter de repasser devant les électeurs qui, seuls en démocratie, détiennent l'arbitrage sur le choix de leurs dirigeants. Au moment de compter les morts, il ne faudra pas oublier les massacres commis par les Rebelles d’Alassane Ouattara dans les zones Centre, Nord, Ouest et à Abidjan. Et lorsque la Cour Africaine de Justice et la  Cour Pénale Internationale se pencheront sur les massacres en Côte d’ivoire, Alassane Ouattara ne sera pas oublié. Il ne tuait pas que des oiseaux depuis septembre 2002.

Tuer un homme, ce n’est pas tuer une idée ou une plante mais c’est tuer un homme ! Et la vie d’un Ivoirien vaut autant que la vie de tout autre être humain.

 

4- Et maintenant la guerre d’usure et les massacres :

 

Le lundi 26 mars 2011, après trois mois de tentatives infructueuses de prendre possession des sites stratégiques d’Abidjan, les Rebelles se sont repliés sur les fronts EST et OUEST de la zone gouvernementale et ont attaqué simultanément ces deux fronts avec l’appui aérien et terrestre des forces de l’ONUCI et de LICORNE.

 

- Sur le front Ouest : les constats suivants peuvent être relevés :

A Duékoué, une barbarie sans nom s’est abattue sur la population supposée proche du Président GBAGBO, occasionnant plus de 2000 morts avec un pic de plus de 800 morts les 28 et 29 mars 2011. Lors de l’attaque du village de Doké, le chef de village et ses 10 notables ont été égorgés par les Rebelles. Déjà, Human Rights Watch pointe des centaines de civils tués par Ouattara. Dans un rapport publié vendredi 8 avril 2011, l'organisation Human Rights Watch affirme que les combattants d'Alassane Ouattara ont tué des centaines de civils, violé plus d'une vingtaine de personnes et incendié au moins 10 villages dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. La France peut-elle encore soutenir un Criminel de cette envergure ?

A la Cathédrale de San Pedro, pendant la messe du dimanche 3 avril 2011, les rebelles ont fait irruption dans l’église en ouvrant le feu, bilan : 10 morts.

A Daloa, Lakota, Bayota, Ouragahio, Issia, Sinfra et dans bien d’autres localités du pays, des pillages systématiques, commis par des Rebelles et des prisonniers libérés et armés, ont été suivis d’élimination physique des habitants et de l’incendie de villages entiers et d’habitations dans les villes.

 

-        Sur le front Est: les constats suivants peuvent être relevés :

Sous escorte et encadrement de l’ONUCI et de LICORNE, les Rebelles ont pris successivement toutes les villes avec les mêmes scènes : libération et armement des prisonniers, pillage ciblé de magasins et de domiciles, incendies et éliminations physiques.

 

-        Sur le front Central, à Tiébissou, les frappes aériennes de l’ONUCI et de LICORNE ont eu raison des Forces de Défense et de Sécurité qui avaient vaincu les Rebelles et se dirigeaient vers Bouaké.

A Abidjan : tous les sites stratégiques de l’Etat ont été pilonnés

par les hélicoptères et les chars de l’ONUCI et de LICORNE. C'est notamment : le Camp d’Akouedo et d’Agban, l'Ecole de Gendarmerie, la RTI, le Palais Présidentiel, la Résidence Officielle de Laurent Gbagbo.

Les Forces de Défense et de Sécurité sont parvenues néanmoins à mettre en déroute la coalition « ONUCI-LICORNE-REBELLES » sur les champs de batailles. Mais tous les sites stratégiques restent toujours sous contrôle des FDS.

 

Après les opérations de la coalition internationale, les militaires de l’opération LICORNE se sont déployés sur l’aéroport et opèrent une nouvelle phase de l’engagement en faisant débarquer, dans la nuit du 2 au 3 avril, 7 avions Transall de l’armée française transportant un régiment de plus de 700 militaires "Bérets verts" de la légion étrangère française avec de nouveaux chars, des caisses de munitions et d’armes. Il s’entend que ces moyens paraissent quelque peu disproportionnés pour la récupération des ressortissants français vivant à Abidjan et à l’intérieur du pays. C’est ainsi qu’après un ballet aérien des hélicoptères des forces de la LICORNE, le transport et le positionnement des troupes rebelles, les forces françaises LICORNE sont rentrées en action en larguant des dizaines de bombes sur la Résidence de Laurent Gbagbo, la Radio et la Télévision Ivoiriennes. Le 06 avril 2011, au Siège Nations Unis à New York, Martin Nesirky, le porte-parole du Secrétaire général des nations unies, a déclaré que « ce n’est pas l’ONU qui a tiré sur la résidence de Gbagbo, mais plutôt des hélicoptères de la force française LICORNE. Il a toutefois ajouté qu’il était légal pour la force française LICORNE de soutenir l’ONU» lors d’un point de presse, selon Inner City Press. Aujourd’hui, ce n’est plus Alassane Ouattara qui parle puisqu’il est devenu un véritable porte-parole de l’ONU et de la France pour indiquer les ordres et les décisions à transmettre au Président Laurent Gbagbo, y compris les humiliations en exigeant « la signature de la reddition » depuis que les Rebelles, incapables de vaincre les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire sont précédés et assistés par les combattants de la LICORNE. C’est ainsi que le jeudi 7 avril, elle a décidé, par la bouche de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, de mettre en place un blocus de la Résidence Officielle du président Laurent Gbagbo. C’est ainsi également que dans la nuit du 8 au 9 avril 2011 des hélicoptères de la LICORNE, le transport et le positionnement des troupes Rebelles, le largage de bombes, sur la résidence de Laurent Gbagbo ont repris avec une violente intensité. Le jeudi 7 avril, Monsieur Alassane Dramane Ouattara fait un discours à la nation comme président « reconnu de l’ONU ».

Cependant, au regard de la Constitution Ivoirienne et du principe de non ingérence qui régit les Etats membres de l’ONU, Alassane Dramane Ouattara n’est ni reconnu élu par le peuple ivoirien, ni investi par le Conseil

Constitutionnel ivoirien car il n’a pas prêté serment. Il n’est donc pas juridiquement et constitutionnellement légitime pour prendre des décisions au nom de la Côte d’Ivoire. Quant à l’implication des Rebelles dans les massacres et les atrocités contre les populations civiles, Dominique Paillé, conseiller spécial de Jean-Louis Borloo et ancien porte-parole de l'UMP, annonce que le fils d'un de ses amis a été torturé par les troupes d’Alassane Ouattara. Ses deux bras ont été coupés. « Je suis plus qu’indigné, je m’interroge à savoir si nous avons fait le bon choix » a-t-il confié à la présentatrice de l’émission « La Matinale » où il s’exprimait. C’est une interrogation de que nombreux Français partagent aujourd’hui. La solution in fine sera de revenir dans les urnes pour une nouvelle élection présidentielle. Mais des dizaines de milliers de vies humaines auront été inutilement sacrifiées. La Russie et de nombreux pays africains élèvent le ton et demandent la vérité sur les massacres des Rebelles d’Alassane Ouattara et remettent ouvertement en cause les choix de l’Occident. Ils ont compris qu'Alassane Ouattara n'est pas le choix des électeurs ivoiriens. La guerre qui avait débuté comme une tentative de coup d'Etat des insurgés du Nord pour renverser le pouvoir de Laurent Gbagbo en septembre 2002 risque de dégénérer en une guerre du continent. La force LICORNE avait bien joué son rôle d'interposition pour permettre des négociations entre les bélligérants ; aujourd'hui, elle devient une force combattante sous couvert de l'ONU pour installer un homme au pouvoir en Côte d'Ivoire ! Les pays amis de Côte d'Ivoire pourraient s'engager dans cette nouvelle guerre et lui donner un tout autre visage. Et si le Conseil de sécurité de cette ONU avait compté en son sein un ou deux pays africains (dont l'Afrique du Sud), un ou deux pays d'Amérique Latine (dont le Brésil), un autre pays émergent d'Asie comme l'Inde, le cours de l'Histoire qui se joue sous nos yeux en aurait été transformé. Déjà le rythme économique du monde est aujourd'hui réglé par les neuf pays du BRICMACSI* ; demain, la sécurité du monde en dépendra également. En attendant, n'imposons pas un président aux Ivoiriens, mais demandons au peuple ivoirien le président qu'il veut à travers une élection libre, transparente et démocratique. Et respectons le droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes, tout en assurant la sécurité des populations civiles.

 

*BRICMACSI est un acronyme qui désigne les neuf principaux pays émergents : Brésil, Russie, Inde, Chine, Mexique, Australie, Corée du Sud, South-Africa, Indonésie.

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Y.L. 10/04/2011 07:55



J'ajoute à mon premier commentaire une réflexion qui a suivi, sous la forme d'une question: comment comprendre l'approbation par l'opposition, en majorité, du choix du Président Sarkozy de s'en
tenir à la "légitimité" de Oualassan Ouattara et de l'aider à prendre le pouvoir, alors qu'elle prend le contre-pied de tout le reste, sans nuance? J'ai entendu Gérard Longuet, Ministre de la
Défense, dire que le Président Sarkozy assujettissait désormais la politique africaine de la France aux choix de l'ONU, c'est à dire à une "raison d'état"déterminée par la majorité de l'ONU et du
Conseil de sécurité. C'est évidemment une décision, en première analyse, respectueuse de cette ébauche de gouvernement mondial, mais, comme toute "raison d'état", sans aucun rapport avec la
justice et le droit des peuples à disposer d'eux mêmes. L'ONU serait devenu l'exécuteur des oeuvres de ceux qui la dominent, USA, Russie, Chine, en particulier, et des lobbies, comme l'OPEP, qui
peuvent influencer ces acteurs dominants. 



Y.L. 10/04/2011 06:09



Votre exposé des faits, notamment des derniers, actions de guerre de la mission Licorne, en renfort des forces de Ouattara*, est bouleversant. J'ai du mal à comprendre ce choix, qui est une
ingérence dans les affaires des ivoiriens. Je vois ce conflit comme une guerre civile, entre les ivoiriens du sud et ceux du nord, et il est probable que le choix français a donné l'avantage aux
forces du nord. Je suis perplexe quant à la suite. Le retour à la case départ(reconnaissance de Laurent Gbagbo, destitution de Ouattara)ne me semble pas vraisemblable. Je vois plutôt une longue
période d'insécurité, une guérilla entre les hommes du sud et les occupants du nord, comme ça se passe au Nigeria, sous diverses formes.


*Je n'ai pas vu d'informations sur ces actions offensives dans les médias français. Le secret semble bien gardé.