LA REDISTRIBUTION DES SALAIRES EN FRANCE ET EN EUROPE

Publié le par Nouvelle Dynamique

manifestations contre la réforme des retraites v2Les résultats publiés par  Eurostat le 19 avril 2011 sur les salaires en Europe révèlent que le salaire mensuel moyen brut est de 3 118 euros au Royaume-Uni contre 688 euros en Bulgarie. Les écarts de salaires sont énormes en Europe.

Les écarts de salaires entre pays européens sont conséquents. En moyenne, à équivalent temps plein, les habitants du Royaume-Uni gagnent par mois 3.118 euros soit quatre fois plus que les Bulgares, qui eux sont rémunérés à hauteur de 688 euros. A l’exception de la Finlande, les pays du Nord et de l’Ouest de l’Europe affichent tous des salaires mensuels supérieurs à la moyenne européenne, estimée à 2.395 euros. Les disparités entre les pays sont tout aussi conséquentes lorsqu’on tient compte du salaire horaire. En moyenne, les Danois bénéficient du taux horaire le plus élevé de 22,32 euros, contre 4,71 euros seulement pour les Bulgares.

 

Pays

Salaire moyen par mois, équivalent temps plein

Rapport au Salaire en France

Salaire moyen par heure, équivalent temps plein

Rapport au taux horaire français

Volume des heures travaillées par mois

Rapport à la durée de travail en France

Royaume-Uni

3 118

1,27

17,75

0,95

176

1,34

Pays-Bas

3 007

1,22

21,29

1,14

141

1,07

Allemagne

2 980

1,21

21,63

1,15

138

1,05

Danemark

2 947

1,20

22,32

1,19

132

1,00

Belgique

2 784

1,13

21,83

1,17

128

0,97

Autriche

2 736

1,11

18,55

0,99

147

1,12

Irlande

2 639

1,07

21,41

1,14

123

0,94

Suède

2 576

1,05

18,41

0,98

140

1,06

France

2 462

1,00

18,73

1,00

131

1,00

Union européenne

2 395

0,97

16,46

0,88

146

1,11

Finlande

2 364

0,96

17,22

0,92

137

1,04

Italie

2 344

0,95

17,39

0,93

135

1,03

Espagne

2 260

0,92

15,61

0,83

145

1,10

Grèce

2 161

0,88

15,14

0,81

143

1,09

Portugal

1 712

0,70

11,97

0,64

143

1,09

Pologne

1 320

0,54

9,22

0,49

143

1,09

Hongrie

1 213

0,49

8,17

0,44

148

1,13

Roumanie

880

0,36

5,71

0,30

154

1,17

Bulgarie

688

0,28

4,71

0,25

146

1,11

 

Source de données : Eurostat.  Année des données : 2008

 

 Les comparaisons de ces données brutes sont à prendre avec précaution, notamment parce que les niveaux de prélèvements diffèrent d’un pays à l’autre. Ces prélèvements offrent des protections (chômage, maladie, retraite, etc.) inégales selon les pays. Bien entendu, ces écarts ne préjugent pas des inégalités qui existent à l’intérieur de chaque pays.

Dans ce tableau, on constate que :

-        le niveau salarial brut moyen français se situe à la moyenne de l’Union Européenne, calculée sur les 27 pays, dont les faibles économies des anciens pays de l’Europe de l’Est. La France n’est donc pas performante.

-        les pays de l’Europe au nord de la France, à part la Finlande, présentent des salaires bruts plus élevés qu’en France avec des protections sociales comparables à celles dont nous disposons en France.

-        le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne, comparables à la France, proposent des salaires bruts respectivement équivalents à 1,27 ; 1,22  et 1,21 fois supérieurs à ceux de la France. Même la Belgique est à 1,13 fois. 

-        comparée aux rémunérations horaires, la durée de travail moyenne du Danemark (132 heures), de la Belgique (128 heures) et de l’Italie (135 heures) est comparable à celle de la France d’une valeur moyenne de 131 heures par mois. L’Allemagne présente 7 heures de plus en moyenne, soit 1,5 heure de travail de plus par semaine que la France. Les performances de l’Allemagne et des pays du Nord de l’Europe (sauf au Royaume-Uni) par rapport à la France ne peuvent donc pas s’expliquer seulement par une très légère différence de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail.

-        l’écart de salaire avec la France est supérieur de 27% avec le Royaume-Uni, de 22% avec les Pays-Bas, de 21% avec l’Allemagne et de 20% avec le Danemark.

Il existe un sérieux paradoxe en France : un pays industrialisé très riche, une cinquième puissance économique mondiale par le poids de son Produit Intérieur Brut (PIB) en 2010 de 2.550 milliards de US$ derrière les Etats-Unis (14.660 milliards de US$), la Chine(*) (5.745 milliards de US$), Ie Japon (5.075 milliards de US$),   I’Allemagne (3.352 milliards de US$), et devant le Royaume-Uni (2.183 milliards de US$), I’Italie (2.118 milliards de US$) et le Brésil(*) (2.023 milliards de US$) dans l’ordre de succession de la puissance de leur production intérieure brute. Il semblerait également que la France fait partie des pays où l’on vit bien (par l'Indice de Développement Humain -IDH- et l'Indicateur de Performance Ecologique -IPE- parmi les plus élevés du monde) mais les Français n’en sont pas satisfaits car ils constituent le peuple le moins heureux en Europe, le plus inquiet  et le moins confiant dans son avenir. La redistribution des revenus est un sujet récurrent, auquel il conviendra d’ajouter un chômage endémique des Jeunes, une sortie précoce des Séniors de la vie active et un niveau d'accès au logement inadapté aux capacités économiques de la France.

Mais il apparaît que si la France arrive en neuvième position seulement (une comparaison dans l’Union Européenne) malgré sa puissance économique, c’est que la richesse n’est pas équitablement distribuée dans le pays. L’écart de salaire brut moyen avec le Royaume-Uni est de 26,6% alors qu’il est de 21% avec l’Allemagne, les champions comparables en Europe.

Dans les négociations salariales entre les entreprises et les partenaires sociaux, il conviendrait d’en tenir compte. Une marge de 20% d’augmentation salariale est nécessaire en France pour lutter contre la précarité des travailleurs pauvres, à condition de contenir l’inflation, notamment sur le logement, l'énergie, les transports et l’alimentation, et se rapprocher des pays industrialisés comparables.

 Pour ce faire, deux opérations économiques deviennent indispensables pour corriger les inégalités, restaurer la confiance des Citoyens, combattre les crises sociales récurrentes, créer une rupture, et relancer l’investissement et la consommation intérieure :

1°) La hausse généralisée des salaires  à un rythme annuel minimum de 5,5% hors inflation dès 2011. La reprise économique en cours pourrait fournir l’occasion du partage de l’effort, et la correction des souffrances et des injustices vécues ou ressenties. L'écart avec le plus proche voisin, auquel se compare régulièrement la France, est de 21%. En 2011, les analystes estiment que la croissance économique pourrait atteindre 3% en Allemagne. Il serait alors possible que les salaires connaissent une progression brute de 2,5% en moyenne. Pour se rapprocher de ce voisin comparable, la France devrait accepter au-moins 2% d'évolution salariale en 2011 auxquels il conviendrait d'ajouter + 5% de rattrapage annuel sur une période de 5 ans (2011-2015). Pour cela, il faudrait une croissance économique supérieure de 2% dès 2011. Et si l'inflation est contenue à 1,5%, cela nous ramenerait à une croissance salariale hors inflation de 5,5% sur la période 2011-2015. Dans leur mise en oeuvre, ces augmentations explorent les dimensions horizontale et verticale. Sur la dimension horizontale, l'on sait que les salaires peuvent varier considérablement d'un secteur d'activité à un autre. On conviendrait alors de rattraper certains secteurs peu valorisés par des augmentations salariales plus fortes que dans des secteurs favorisés. Sur la dimension verticale, on travaillerait sur la hauteur de la pyramide des salaires, en augmentant plus fortement les bas salaires et faiblement les très hauts salaires pour réduire la hauteur et arrondir les côtés de la pyramide. Dans tous les cas, le dialogue entre les Pouvoirs publics, les organisations syndicales des employeurs et des salariés, et l'ensemble de la collectivité nationale, est indispensable pour sortir de la logique des confrontations, du déni des réalités socio-économiques, des contestations et des revendications autour des oppositions systématiques qui pourrissent le climat social dans les négociations, pour entrer dans la maturité des négociations par des concertations, des coopérations pour le progrès et des compromis positifs. Pour relancer la croissance sur 5 ans, les augmentations de salaires au rythme annuel de 5,5% seraient une des clés pour rétablir la confiance, consolider l'équité et l'effort afin de stimuler l'investissement privé et la consommation intérieure.

      2)° Une redistribution des richesses créées par les entreprises entre les actionnaires et les salariés. Au-delà des augmentations générales des salaires, les entreprises qui réalisent des bénéfices devraient évaluer leurs investissements pour la croissance et la part des bénéfices allouée à l’autofinancement. Après le paiement des charges sociales, des impôts et taxes et la part de l’autofinancement, le bénéfice distribuable devrait être partagé entre les actionnaires et les salariés. Un objectif de redistribution de l’ordre de 60% de cette part distribuable aux actionnaires et 40% dévolus aux salariés apparaît comme une nécessité pour l’équité dans le partage de la richesse et de la croissance. Mais à court terme, il faudrait partir d'un objectif 2011 de la répartition 3/4-1/4 pour un objectif de 2/3-1/3 à l'horizon de 5 ans entre les actionnaires et les salariés. Exemple : une entreprise de 30.000 salariés réalise un bénéfice net après impôt sur les sociétés de 500 millions d'euros. Après analyse et dotation selon ses besoins en autofinancement pour sa croissance et une mise en réserve, une épargne pour l'avenir, et après avoir payé ses dettes sociales et fiscales, et s'être acquittée de ses obligations d'intéressement et de participation aux fruits de l'expansion imposées par loi, le conseil d'administration vote une part des bénéfices distribuables de 120 millions d'euros (soit le 24% des bénéfices). Pour reconnaître et récompenser les salariés pour les résultats de leur entreprise, le Conseil d'Administration propose à l'assemblée générale d'appliquer la règle du 3/4-1/4 et affecte 90 millions d'euros à ses actionnaires et 30 millions d'euros à ses salariés. Chaque salarié reçoit alors un dividende de 1000€uros soit en actions, soit en virement bancaire. Ce revenu pour le salarié sera en faible partie affecté à son supplément d'épargne (pour un investissement ou une consommation différés) et en grande partie injecté dans la consommation intérieure. Un bon revenu du travail est un meilleur stimulant pour le travail et un soutien à la croissance économique de la nation.

    Certains opposants à ces réformes sociales par les revenus prétendraient que l'Etat s'endetterait davantage pour augmenter les salaires des Fonctionnaires, soit environ 4,5 millions de salariés pour l'ensemble des fonctions publiques territoriales, nationales et hospitalières sur une population de 26 millions de salariés en France. Si l'Etat améliore la gestion publique par la réduction des dépenses de fonctionnement, les augmentations salariales et des revenus de la redistribution des dividendes du secteur privé apportent un supplément de recettes fiscales pour l'Etat et les collectivités pour améliorer les salaires d'un nombre optimal de Fonctionnaires. Combiné avec la réduction des effectifs de la fonction publique, ce supplément de recettes fiscales compense largement les augmentations salariales nécessaires dans la fonction publique. Par ailleurs, les cotisations sociales résultantes des salariés contribuent à améliorer les recettes pour les retraites et les prestations sociales diverses. Des conséquences vertueuses à court terme de ces diverses opérations conduisent à la réduction du taux de chômage. En accroissant les salaires par rapport aux aides et allocations diverses, on rend le travail plus attractif et le citoyen tenté d'arbitrer entre le salaire et les prestations, optera pour le salaire et donc pour le travail. Par ailleurs, l'accroissement de l'offre de l'emploi permet au Citoyen de pouvoir effectuer des mobilités professionnelles inter-branches et entre les secteurs public et privé. Mais pour réduire le chômage, il faut accroître la production et générer de nouvelles activités qui sollicitent de nouvelles ressources humaines. Il n'existe pas de "partage du travail" en économie. On crée d'autant plus facilement de nouvelles activités et on accroît des capacités des activités existantes en accroissant le "destockage" par la consommation et l'exportation... A défaut d'un dynamisme à l'export (une faiblesse de la France en comparaison avec les champions Allemands ou Chinois), il faut relancer par l'investissement et la consommation intérieure. Donc il faut accroître les revenus et les salaires pour y répondre. Dans tous les cas, on boucle sur le revenu disponible pour effectuer de nouveaux investissements et accroître la consommation. Pour plus de 26 millions de population active en France, les augmentations significatives des salaires et des revenus sont l'une des clés de la relance économique.

 

Dans son rôle cardinal, l’Etat donne l’impulsion sur les politiques publiques et les orientations générales dont le partage des richesses et de la croissance sur cette modalité, l’Etat assure des régulations en concertation avec les autres nations comme sur les évolutions économiques et sociales du monde, et il doit assurer tous les  contrôles nécessaires à l’application de ses orientations. Les citoyens investiront efficacement et équitablement, consommeront pour soutenir la croissance, à partir des revenus significativement plus élevés. A inflation contenue, y compris et surtout dans le logement, l’alimentation, l’énergie et les transports, l’augmentation des revenus (salaires, primes et part des bénéfices de leurs entreprises) se répercutera sur la consommation intérieure et l’investissement, assurant ainsi le bien-être général.

(*) La Chine et le Brésil sont embarqués dans la locomotive des Pays Industrialisés Emergents et constituent aujourd'hui respectivement les 2ème et la 8ème Puissances Economiques dans le monde. Ils se sont réunis au sein du BRICS, un G5 réunissant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, et sont membres du G20. Pour connaître la composition et les objectifs du G20, voir l'article sur ce site : http://srv08.admin.over-blog.com/index.php?id=1228747058&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=971305395293.

IDEmmanuel Nkunzumwami

Auteur de La Nouvelle Dynamique Politique en France, Editions L’Harmattan.

 Chroniqueur sur Radio France Bleu et Radio Africa n°1

E-mail : emmankunz@orange.fr ou emmankunz@gmail.com

Site internet : www.nouvelle-dynamique.org

Publié dans emmankunz

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Y.L. 09/11/2011 10:44



Si l'Europe a été créée "à l'envers", c'est par nécessité! Cette dernière ne résulte pas d'une conquête, mais avait, a toujours, la fonction d'antidote de celle qui venait de s'achever dans un
désastre humain. Les pères fondateurs ont donc commencé par ce qui froissait moins les suceptibilités: l'économie, la coordination de la reconstruction. Il y a eu dès ce stade, en France, de
furieuses protestations, de la part de la droite gaulliste, et, surtout, du Parti Communiste, qui se souciait des intérêts de l'Union Soviétique. Peu à peu, les bénéfices de l'opération sont
apparus, et le projet le plus difficile, l'unité politique, a commencé à prendre forme. La guimbarde initale, réparée à chaque panne par la mise en place d'une pièce neuve, se rapproche tout
doucement du dernier modèle sorti d'usine. Espérons que ce n'est pas une fonction asymptotique!



Nouvelle Dynamique 09/11/2011 20:24



Merci beaucoup de vos rappels importants sur le lancement de la construction européenne. Il est indéniable que depuis 1957, l'Europe a beaucoup progressé, notamment dans la consolidation de la
paix, dans les coopérations et les échanges économiques, dans la gestion de la croissance économique, et dans la resistance à la domination des leaders des deux blocs hérités de la seconde guerre
mondiale. Aujourd'hui, nous devons repenser nos stratégies dans une monde globalisé : quelles sont les frontières "optimales" pour une gestion maîtrisée de l'Union, comment contrôler
l'application des politiques de convergence et la gesion rigoureuse des Etats, comment concilier les "cultures" des Européens du Nord avec celles des Européens du Sud autour de la bonne gestion
publique et du travail, quelle gouvernance politique pour l'Union, etc. Autant de questions qui ont un impact direct sur nos conditions de vie commune et sur nos performances sociales dans la
mondialisation.



Jean 06/11/2011 12:28



Effectivement, cela souligne que "le marché europeen" a été créé à l'envers puisque cet article met en évidence un manque criant d'homogénéité entre des nations appartenant à un ensemble
ouvert sur le plan économique. C'est intenable mais comment y remédier sans une véritable gouvernance "europenne" légitimé par une élection à l'échelle de l'ensemble des pays
concernés.      



Nouvelle Dynamique 06/11/2011 15:59



Bonjour Jean et merci pour cette précieuses contribution. Nous sommes un certain nombre, bien après le traité de Maastricht de 1992 et après l'échec du référendum sur le "Traité Constitutionnel
pour l'Europe" en 2005, à avoir tiré la sonnette d'alarme sur les incohérences de fonctionnement de l'Union.  1°) Approfondir le fonctionnement et les harmonisations avant
l'élargissement : harmonisation des politiques économiques, construction des politiques industrielles en Europe, harmonisation fiscale, convergences sociales, pilotage politique de la
gouvernance de l'Union et de la Monnaie unique...  2°) Soumettre l'élargissement futur aux référendum des peuples européens : les distorsions et les inhomogénéités entre des Etats
saccroissent au fur et à mesure que l'on s'éloigne du noyau européen. 3°) Contrôler efficacement les pratiques de gestion publique de chaque Etat membre. Les Etats industriels du Nord financent
les déficits budgétaires et les dettes des Etats méditerranéens à travers les aides diverses et les FEDER : cela ne peut plus durer longtemps. Les harmonisations salariales partent d'un principe
économique d'une même intensité du travail et des règles économiques communes. Soit par la notion du coût global horaire et la définition du salaire minimum à charge de travail comparable. Ce
socle n'a pas été approfondi car le modèle éuropéen est celui de la "concurrence libre et non faussée" mais sans aucun contrôle sur la pratique de cette concurrence entre les Etats. Que faire ?
La crise nous donne l'occasion de "rebâtir enfin une Europe" sur des fondements économiques, fiscaux, sociaux avec la rigueur de gestion et les contrôles qui s'imposent à tous les Etats
membres.



Koch 16/08/2011 20:07



Si l'augmentation des salaires ne commence pas par la fonction publique , je doute très fort que les entreprises privées en prennent l'initiative. La relance par l'augmentation des salaires est
très tentante, mais elle ne peut se faire actuellement que par une redistribution équitable des bénéfices. Les petites et moyennes entreprises ne générent pas assez de bénéfices, actuellement
seules les grandes entreprises privées peuvent se permettre de telles augmentations.


Je suggére que toutes les entreprises françaises reprennent le chemin de la qualité de leurs produits finis et ajustent leurs prix au niveau de cette qualité plutôt que de baisser sans
cesse les prix en délocalisant notre outil de travail vers des pays au moindre coût horaire et finalement paupériser une grande partie de la population française par le chômage. Et à
force d'assister les plus démunis la classe dite "moyenne "se paupérise à son tour par l'augmentation continue de ses charges sociales, taxes et impôts en tous genres.Oui il faut un partage
équitable des bénéfices comme le suggère notre Président, Certes une augmentation des salaires et retraites  en rattrapage des pourcentages perdus depuis 15 ans est également la bienvenue.
Il faut recréer la  confiance et ce n'est pas en tentant d'enrayer la chute du cac 40 à coup de milliards à chaque fois que la bourse éternue que l'on parviendra à relancer l'économie.
Il faut rendre moins atractifs les placements boursiers en  taxant plus  fortement  les bénéfices. Mais il est possible aussi de valoriser ces gains  par une
incitation envers les entreprises du cac 40 à faire fructifier leurs entreprises en amélioration et en développant  l'outil de travail en France afin de créer des emplois qui à
leurs tours engendreraient des bénéfices accrus aux  travailleurs et ainsi relancerait la consommation.....     



Nouvelle Dynamique 20/08/2011 10:41



Merci pour ces pertinentes observations. Le problème d'une forte augmentation des salaires de la fonction publique est qu'elle se répercute sur le budget de la nation. A recettes constantes,
voire en diminution, le déficit budgetaire serait abyssal... et dans le contexte actuel de l'endettement public, nous partirions dans la mauvaise direction. En revanche, c'est l'augmentation des
"revenus" des salairés du secteur privé qui devrait être la locomotive de l'augmentation générale des salaires. Par le biais des "primes", des "dividendes", de la "participation", de
l'"intéressement" et des augementations substentielles des salaires, nous augmentons l'investissement privé et la consommation des ménages qui se répercute sur l'accroissement de l'activité dans
le pays et donc des recettes publiques pour augementer les salaires des fonctionnaires. C'est le mécanisme même du "capitalisme social". Et c'est aujourd'hui le pari du Gouvernement !



Koch 09/05/2011 23:34



Pensez-vous que les chefs d'Etats ont encore un réel pouvoir sur l'éconnomie. Je pense plutôt que le Conseil de l'Europe domine dans ce domaine. Tout dépend de ce que décide l'Europe en
application des accords passés entre les pays qui la composent. La France a un tel déficit public quil ne lui est pas permis de prôner une quelconque augmentation des salaires du privé au
risque d'entraîner la même dans le public, ce qui ferait encore grimper ce déficit. Et puis les magniats du cac 40 ne sont guères disposés à diminuer leurs profits en en redistribuant une partie.
Seul un très grand mouvement social EUROPEEN pourrait faire plier ceux qui ne s'intressent plus qu'aux spéculations boursières pour augmenter leurs profits au détriment de l'investissement
dans leurs entreprises au profit du travail pour ceux qui leurs ont permis de s'enrichir avant de se tourner vers la bourse et les placements dans les paradis fiscaux. Actuellement seuls ceux qui
détiennent les très grosses fortunes font la pluie et le beau temps de l'économie et des finances. Les chefs d'états sont réduits aux augmentations des charges et impôts à l'endroit de ceux qui
ont la chance et le courage de travailler pour survivre et tout cela pour tenter de saupoudrer quelques subsits aux plus nécessiteux. Vos idées sont plein de bon sens, mais je ne suis pas
sûr qu'elles entrent dans le cadre économico-social d'aucun parti politique  actuellemnt, sauf si l'un d'entr'eux entretien l'illusion par ce genre de promesses aux seuls fins de gagner
les élections. Après l'élection il se dépèchera d'annoncer " La crise économique" qui rend caduque les promesses. Ainsi va la vie, mais gare aux mouvements sociaux incontrôlés....



Nouvelle Dynamique 16/08/2011 14:48



Bonjour et merci pour vos observations sur les Crises actuelles. Vosu aurez remarqué que les Etats affinent leurs politiques publiques souvent en rapport avec les conjonctures électorales
intérieures (France, Allemagne, Etats-Unis) mais l'actualités économiques et financières mondiales nous a tous rattrapés et exigent que nous sortions de nos égoïsmes nationaux ou des tactiques
électoralistes (souvent notées à gauche) pour faire face aux réalités "crues" du moment. Comment relancer la croissance, la consommation et l'investissement en Occident tout en maintenant les
équilibres avec les Pays Emergents et les pays "oubliés" d'Afrique ? Comment éviter que la crise de la dette publique en Europe et aux Etats-Unis ne dégénère en crise économique et sociale
entraînant la paupérisation en Europe et dans les pays en Développement ? Qui peut assurer valablement les régulations financières et les bonnes répartitions des richesses dans le monde ?
L'initiative ne peut que venir de ceux qui ont beaucoup à perdre dans la mondialisation : les Pays Industrialisés Historiques.



pierre 04/05/2011 09:55


Une analyse comparative tres interessante qui devrait s'inscrire dans le projet d'un serieux candidat a l'election presidentielle. Etaye, realiste et reellement applicable. Il pourrait inspirer
également les partenaires sociaux et l'Etat pour leur prochaine rencontre.


Y.L. 03/05/2011 07:00



Les bons chiffres de l'économie française ne satisfont pas les français, remarquez-vous. L'inégalité, réelle, des revenus en serait-elle la cause unique? Pour le dire, il faudrait pouvoir
recenser les catégories exprimant leur satisfaction ou pratiquant un mutisme suspect. Si on se base sur les déclarations des syndicats ou des organisations professionnelles, personne ne se dit
satisfait et heureux de son sort. On ne peut exclure un trait de caractère commun à toute la population, un trait culturel forgé au fil des siècles.


Mais c'est effectivement trop court, et il faut analyser de plus près le phénomène pour lui proposer des solutions. Je pense que la société française ne repose que sur des rapports de force
feutrés, dont l'expression préférée est l'inertie, la non-réponse, du côté de ceux qui sont interpellés.


Si dans le domaine public, les syndicats sont puissants(relativement) et le recours à la grève facile, la résistance de l'État employeur est devenue exemplaire. Quant au privé, le mutisme
employeur répond au filet de voix syndical.


Cette faiblesse de l'organisation des rapports sociaux est très préjudiciable à la bonne marche de la société dans ce secteur essentiel du travail. D'un côté les syndicats faibles et non
réellement représentatif, et pratiquant l'indifférence ou le négationisme en économie, de l'autre, un patronat, parfois public, mais surtout privé, qui gémit, lui aussi, et ne cède qu'aux plus
forts, aux plus décidés, quand il n'a pas la ressource de mettre la clé sous la porte.


Une véritable réforme du statut des syndicats et de leur place dans le fonctionnement de la société française, serait à mettre en chantier (le problème est le consensus patronat-syndicats sur ce
sujet. Le patronat s'accommode de la faiblesse des syndicats. Les syndicats s'accommodent de leur irresponsabilité.)


 



Nouvelle Dynamique 05/05/2011 00:20



Merci de votre observation sur la composante culturelle française de notre faiblesse dans des négociations sociales. Si les syndicats avaient une lecture économique dans les revendications
sociales, ils devraient se poser la question des faiblesses françaises dans les performances à l'export (-54 milliards d'Euros en 2010 pendant que notre voisin Allemand auquel nous voulons nous
comparer enregistre +176 milliards d'Euros, et nous gémissons que notre faiblesse est due à l'Euro trop fort !) et dans le Management défaillant dans l'entretien du malaise  et du mal-être
au travail. De plus les relations conflictuelles et de suspicion des syndicats vis-à-vis du patronat ne s'orientent vers les coopérations etles concertations sur des arguments économiques et de
l'intérêt des entreprises mais sur les revendications et les contestations.C'est ainsi que le Gouvernement entre souvent en lice pour dégeler les relations. Aussi, il revient aux Politiques de
nous donner des orientations économiques et sociales sur le partage des rechesses entre les entreprises et les salariés.



CHARLEY 02/05/2011 00:16



c'est un voeu pieu mais je ne trouve pas  trace de la réduction du nombre de chômeurs en France dans le projet de ré équilibrage... ce qui est certainement vrai pour les autres pays
européens..


que deviennent ils ces "sans emploi" arrivant sur le marché diplomés ou non , qui doivent à leur tour prendre le relais du paiement des retraites entr'autres?


toutes ces hypothèses sont étayées sans compter les sans emplois que deviennent ils entre aujourd'hui et demain ? 


il est vrai que si le nombre d'actifs, ayant un salaire moyen, peuvent eux aussi contribuer à la reprise de l'économie puisque consommant etc... et soulageraient d'autant les dépenses de l' ETAT
, dépenses relatives aux nombreuses aides (RSA, logement, cmu etc...)



Nouvelle Dynamique 18/08/2011 17:20



Les "sans-emplois" ou les "employés précaires" ou les "employés à temps partiels" deviennent de plus en plus nombreux dans les pays industrialisés historiques. Il se pose une question de
définition en Europe : un employé à temps partiel en France peut percevoir 1000€ par mois (le SMIC étant à 1200€) alors qu'un employé à plein temps en Allemagne peut percevoir 800€ (car il n'y a
pas de SMIC en Allemagne !). Une harmonisation sociale européenne des pays de la Zone Euro est donc indispensable. La mobilité des emplois est un facteur de développement économique et
compétitivité mais il faudrait qu'il y ait ces emplois... La France DOIT retrouver une économie industrielle solide car seule l'industrie a une capacité de résorption durable d'une
grande masse de main-d'oeuvre. C'est un choix des politiques publiques... il a été fait et on attend les résultats !