COMMENT SORTIR DU CERCLE VICIEUX DES DEFICITS BUDGETAIRES ET DE LA DETTE PUBLIQUE

Publié le par Nouvelle Dynamique

IMG114.jpgLe monde a évolué depuis la fin de la seconde guerre mondiale et l’interdépendance des nations est devenue une simple évidence en ce début du 21ème siècle de la mondialisation des échanges et des économies. Aucun pays ne peut plus élaborer ses stratégies indépendamment de la situation de ces interdépendances. Tous les Humains aspirent aujourd’hui à plus de démocratie, à une meilleure éducation et de meilleures conditions de santé publique, à plus de développement pour accéder à l’eau, l’énergie, les transports, l’information, les loisirs, l’emploi, le revenu élevé, la consommation des biens industriels, etc. Mais tout a un coût et entraîne les anciens pays industrialisés historiques à céder une partie de leurs privilèges au profit des nouveaux entrants émergents. C’est tout l’équilibre d’environ sept milliards d’humains qui peuplent la terre qui nous interroge sur nos moyens de consommation et sur la répartition équitable des richesses. C’est dans ce contexte que nous devons repenser tous les moyens de réduction des déficits budgétaires et de la dette publique de l’ensemble des pays industrialisés historiques : Amérique du Nord, Europe Occidentale, Japon. Mais, pour mener une réflexion globale, il convient de se rappeler que le monde aujourd’hui, c’est 6,84 milliards d’habitants, répartis sur les six continents habités dont l’Antarctique :

-       4.143,327 millions d’habitants en Asie, soit 61% de la population mondiale,

-       996,376  millions d’habitants en Afrique, soit 15% de la population mondiale,

-       925,465  millions d’habitants en Amérique, soit 14% de la population mondiale,

-       738,524  millions d’habitants en Europe, soit 11% de la population mondiale,

-       36,104  millions d’habitants en Océanie et l’Antarctique.

 

L’économie mondiale et les équilibres de puissance s’organisent autour des instances de régulation. Une structure mondiale des Etats s’est alors développée pour mettre de l’ordre dans la gouvernance du monde : c’est le G20. C’est un ensemble qui s’élargit de l’ancien G7 des principaux pays industrialisés historiques du Bloc Occidental (Etats-Unis, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Japon) auquel s’ajoute le Noyau des Cinq Principaux Pays Emergents du BRICS qui rythment l’économie mondiale au début du 21ème siècle (Brésil, Russie, Inde, Chine et South-Africa) pour former le G7+5. Ce groupe s’est ensuite étendu aux Sept Autres Pays Emergents parmi les plus dynamiques de l’AMACITA (Australie, Mexique, Argentine, Corée du Sud, Indonésie, Turquie et Arabie Saoudite). Penser les difficultés économiques, les crises budgétaires et les dettes des Etats aujourd’hui, c’est penser les interrelations qui se sont développées entre ces principales puissances économiques de la planète. Cependant, en période de crise comme celle que nous traversons, chaque Etat est appelé à repenser ses propres budgets, ses alliances économiques et financières et ses priorités pour ne pas léguer aux générations futures d’énormes dettes contractées par les parents. C’est le cas aujourd’hui des principales puissances économiques prises dans d’énormes déficits budgétaires et dans le gouffre de la dette publique : Etats-Unis, Japon et Principaux pays de l’Union Européenne. Le Japon est la puissance économique mondiale la plus endettée avec un déficit budgétaire de 12.000 milliards de dollars soit 225% du PIB. Aux Etats-Unis, les déficits publics atteignaient 1.294 milliards de dollars, soit 8,9% du PIB à la fin de septembre 2010. Et à la fin de septembre 2011, ils prévoient 1.316 milliards de dollars, soit 8,8% du PIB et visent 6,1% du PIB en fin septembre 2012 avec une croissance qui devrait passer de 2,1% en 2011 à 3,3% en 2012. Les USA s’engagent donc dans la réduction des déficits et de la dette dès 2012. Mais comment assainir l'endettement des Etats sans compromettre la croissance économique indispensable ? Il faut affaiblir les spéculations sur les dettes souveraines des Etats. L'une des solutions consisterait à ramener, sous contrôle du FMI et de la Banque Mondiale, les taux d'intérêt des dettes publiques à des niveaux des taux de base des banques centrales des devises détenues : soit le taux de base de la FED pour les dettes publiques en dollars, soit le taux de base de la BCE pour les dettes publiques en Euros, etc. La spéculation sur les taux d'intérêt des pays les plus endettés étouffe ces pays et les pousse à s'endetter davantage pour payer les dettes anciennes... et s'enferment ainsi dans le cercle vicieux du surendettement !

 

Au sein de l’Union Européenne, les situations sont contrastées comme l’indique le tableau ci-dessous :

Pays

 Dettes/Hab
fin 2010
(en Euros)

 PIB/Hab
fin 2010
(en Euros)

Moyenne croissance annuelle PIB2010

Moyenne croissance annuelle favorable PIB

PIB2016 (Millions Euros)

Dette2016 = 60%PIB (PSC)

Effort net moyen annuel (Millions Euros)

Grèce

30 460

21 337

0,45%

0,82%

241 663

144 998

-30 598

Italie

30 708

25 806

0,06%

0,13%

1 560 477

936 286

-151 121

Belgique

31 233

32 269

1,69%

3,04%

421 560

252 936

-14 681

Irlande

32 321

33 602

-6,67%

0,01%

154 031

92 419

-9 276

Portugal

14 986

16 114

0,63%

1,14%

184 649

110 790

-8 280

Allemagne

25 526

30 671

0,90%

2,52%

2 902 083

1 741 250

-56 397

France

25 202

30 847

0,91%

1,78%

2 164 691

1 298 815

-48 726

Autriche

24 383

33 744

1,45%

2,61%

331 428

198 857

-1 059

Hongrie

8 072

10 065

2,31%

4,16%

127 355

76 413

-591

Royaume-Uni

21 629

27 043

1,14%

2,06%

1 880 268

1 128 161

-33 765

Malte

10 442

15 354

4,57%

6,40%

9 063

5 438

198

Pays-Bas

22 536

35 926

1,14%

2,04%

667 839

400 704

4 946

 

Les cinq pays les plus endettés d'Europe (Grèce, Italie, Belgique, Irlande, Portugal) présentent une dette annuelle supérieure ou presque égale au revenu du pays. Si la Belgique propose un taux de croissance important pour rembourser ses dettes, il n’est pas de même des quatre autres pays. A partir des informations disponibles, nous avons effectué des projections de croissance entre 2010 et 2016 : soit une moyenne annuelle d’une croissance de 0,82%, de 0,13% et de 1,14% respectivement pour la Grèce, l’Italie et le Portugal.

 

Pour les autres pays endettés au-delà de 60% de leur PIB, il y a lieu de considérer deux démarches. Par décision des politiques publiques d’allocations budgétaires, les pays concernés de l’Union Européenne devraient « ajuster » les dépenses aux recettes actuelles dès les votes budgétaires de 2011. Si les Etats-Unis se fixent un objectif de passe de 8,9% en 2010 à 6,1% en 2012 (soit une baisse de 2,8 points), les grands pays de l’UE pourraient également y arriver. Si les Etats se donnent l’objectif de baisser de 2 points, l’on pourra atteindre 1,3% en Allemagne ; 5% en France ; 2,6% en Autriche ; 7% en Espagne ; 8% au Royaume-Uni. Mais pour que les efforts de réduction des déficits budgétaires ne soient anéantis par la charge financière de la dette, il conviendra de réduire énergiquement cette dette. Nous avons estimé, à partir des données prévisionnelles du FMI de 2011 et 2012, et de la compétition mondiale des pays industrialisés historiques derrière les pays émergents (G7, BRICS et AMACITA, et G72), des croissances moyennes annuelles de 1,78% pour la France ; 2,06% pour le Royaume-Uni ; 2,52% pour l’Allemagne ; 2,61% pour l’Autriche ; 4,16% pour la Hongrie comme les minima que tous ces pays pourront atteindre entre 2011 et 2016. Dans ces conditions, pour réduire la dette publique et atteindre 60% du PIB en 2016, les pays concernés devraient réaliser des efforts de réduction nette chaque année de 151 milliards d’Euros pour l’Italie ; 56 milliards d’Euros pour l’Allemagne ; 49 milliards d’Euros pour la France ; 34 milliards d’Euros pour le Royaume-Uni ; 31 milliards d’Euros pour la Grèce ; 15 milliards d’Euros pour la Belgique ; 9 milliards d’Euros pour l’Irlande ; 8 milliards d’Euros pour le Portugal et 1 milliard d’Euros pour l’Autriche.

 

Pour y parvenir, au même titre que les Etats-Unis et les efforts que fournit difficilement le Japon, tous les Etats de l’Union Européenne concernés ont le devoir de limiter les déficits dès l’exercice 2011. Pour la France, les gisements financiers pour réduire les déficits et la dette existent : il convient d’ajuster les dépenses au niveau des recettes actuelles. Ensuite, les recettes supplémentaires dès 2012 qui seront issues des nouvelles taxes. Sur les hauts revenus au-delà de 250k€ annuels et jusqu’en 2016, on devrait appliquer une taxe différenciée complémentaire de l’impôt sur le revenu : 2% sur la tranche de 250k€ à 500k€, ensuite 5% sur la tranche de 500k€ à 800k€ et 8% au-delà de 800k€. Appliquer 8% additionnels sur les plus-values immobilières et boursières. Enfin, la cession des actifs non stratégiques, l'optimisation du train de vie de l'Etat, la réforme de structure des Institutions et la mise en oeuvre de la réforme des collectivités territoriales, le contrôle des allocations et de l'utilisation de ressources publiques, la révision et la suppression des niches fiscales et sociales inefficaces... pourraient rapporter 40 milliards d’Euros supplémentraires par an. Ces recettes fiscales et sociales seraient affectées à 80% à la réduction de la dette et 20% aux ajustements budgétaires pour réduire les déficits... La part du déficit social lié aux dépenses des retraites et des reversions sera résorbée à l'horizon 2018 avec la réforme des retraites de 2010 et entrée en application depuis le 1er juillet 2011. Enfin, pour les entreprises, notamment industrielles et des services connexes à l'industrie, il conviendra de ne pas alourdir les charges fiscales et sociales pour maintenir la compétitivité et l'attractivité, afin d'encourager la relocalisation en France et en Europe des activités délocalisées dans les pays à bas coûts de production. L'objectif est de soutenir la réindustrialisation pour relancer la croissance économique, l'emploi et le revenu. Par ailleurs, les bénéfices des entreprises non investis et qui sont distribués sous des formes diverses (dividendes, primes,  etc.) se retrouvent dans la fiscalité du capital et dans les poches des grandes fortunes où l'on propose l'accroissement de la taxe additionnelle pour décourager les spéculations, qui sont à l'origine des crises boursières, financières, alimentaires, immobilières et bancaires à répétition, et encourager l'investissement comme moteur de la croissance. L'Etat doit retrouver ses fonctions cardinales de définir les orientations politiques (économiques, fiscales, sociales), de réguler en coopération avec les autres Etats en Europe, et d'appliquer les contrôles et les évaluations régulières de ses décisions. En temps de crise, les Citoyens se tournent toujours vers l'Etat.

En conclusion pour l'Union Européenne : une réduction nette annuelle de 1 milliard d’Euros pour l’Autriche à 151 milliards pour l’Italie amènerait les Etats très endettés aujourd’hui à un ratio proche de 60% du PIB vers en 2017, à condition de réduire significativement les déficits publics et ajuster les dépenses aux ressources fiscales et sociales de 2010-2011. La réduction des déficits est indispensable pour réduire les dettes souveraines des Etats et alléger la charge financière qui pèse fortement dans les budgets, privant ainsi les Etats des financements utiles à l’investissement et à la consommation intérieure pour soutenir la croissance.

 

ID

Emmanuel Nkunzumwami

Auteur de « La Nouvelle Dynamique Politique en France », Editions L’Harmattan   Chroniqueur sur Africa n°1 et sur France Bleu Picardie.

Publié dans emmankunz

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Jean 16/01/2012 19:14


Bonjour Emmanuel. Effectivement, sur un plan général, "l'ajustement" économique que tu préconises fait sens. Toutefois, sur le fond et donc la durée, il reste le problème du cout du travail
et de la compétitivité des pays occidentaux en comparaison avec le reste du monde. Et quand on nous annonce des délocalisations interne à la Chine (de l'est vers l'ouest) à la recherche
d'une main d'oeuvre à moindre cout, cela laisse vraiment perplexe. Je crois que cette fois, tout est à inventer alors vive le concours Lépine
!               


 

Nouvelle Dynamique 16/01/2012 23:30



Merci Jean. Le problème de compétitivité, totalement lié aux problèmes de respect de l'environnement, du code du travail et de l'élevation du niveau de vie des Citoyens dans tous les pays, est
central dans la gestion de la mondialisation. Depuis que les pays émergents ont accédé à la technologie industrielle, les Occidentaux ne pouvaient que perdre dans la compétitivité. Mais nous
n'avons pas préparé les organismes internationaux (BIT, OMC, FMI, etc.) aux contrôles contraignants pour ces nouveaux pays industriels. Exemple : la Chine occupe à elle seule 20% de la production
industrielle mondiale ! Qui est chargé de la vérification régulière des conditions de cette production et quelles sont les sanctions prévues en cas de non respect des règles internationales du
travail et de protection de l'environnement ? Le FMI a-t-il la puissance de réguler la compétition par le dumping monétaire ?... La solution est en fait dans la coordination organisée des pays
occidentaux : La Taxe Carbone, la Taxe Tobin et la TVA-compétitivité sont des solutions possibles, à condition que tous les Occidentaux concernés se mettent d'accord et que surtout ces taxes
n'aient pas d'impact significatif sur le pouvoir d'achat des Citoyens de l'Occident... en les faisant porter par les firmes occidentales qui importent ou qui font fabriquer leurs produits dans
les pays ne respectant pas les régles ci-dessus. La France, par la voix de Nicolas Sarkozy, a déjà avancé ces propositions, mais l'Union Européenne et les USA-Canada qui sont dans le même
bâteaux traînent les pieds... Sans ces mesures, nous ne sortirons pas bien portants du cercle vicieux des Déficits budgétaires+Dettes publiques+Faible croissance économique+Chômage massif.
Courage à nos enfants !



Y.L. 10/09/2011 10:35



Les mesures logiques que vous proposez risquent de faire mal et de passer mal. Elles ne peuvent être prises dans l'urgence, bien qu'il y ait urgence. Elles nécessitent une cohérence très forte
des actions des états européens et des États-Unis. Un pays isolé, sans obligations internationales particulières, recourrait à une dévaluation compétitive. Il n'est pas fait d'allusion à une
mesure de ce genre prise par l'Union Européenne. À tel point que la toute récente chute de l'euro face au dollar a été accueillie avec des cris d'horreur, alors que ce mouvement améliore notre
compétitivité, soulage nos industries de pointe, comme EADS. J'ai du mal à comprendre pourquoi la situation actuelle donne encore envie de gouverner. L'ambition présidentielle ne connait pas la
crise!*


*Au sens propre et au sens figuré.



Y.L. 07/09/2011 05:27



Merci pour ces éclaircissements sur ces questions difficiles. Il reste à souhaiter que ces dispositions raisonnables soient acceptées par tous les états et par tous les peuples qui les ont
délégués.



Y.L. 06/09/2011 08:03



Il me semble que baisser fortement les intérêts des dettes souveraines, c'est dèjà léser les créanciers, rompre le contrat initial. Il n'y a, au fond, qu'à partir du XXème siècle, avec les
emprunts russes, que la mémoire humaine enregistre durablement les "impayés". Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir....d'être remboursé! Les particuliers sont traités plus durement que les
états. Le constat: "plaie d'argent n'est pas mortelle" ne semble pas avoir de limite d'échelle.



Nouvelle Dynamique 07/09/2011 00:17



Merci de cette observation qui me permet de clarifier la pensée pour les lecteurs. Il y a 3 situations dans les dettes souveraines. Les dettes classiques auprès des institutions bancaires
nationales et internationales. Le prêts se font sur la base d'un TBB (taux de base bancaire) augmenté des primes diverses, y compris les primes de risque de défaut de paiement. Dès que les
institutions internationales (FMI, Banque Mondiale) garantissent le remboursement, ces primes additionnelles devraient etre annulées et revenir au taux de base bancaire sous contrôle de la banque
centrale de la monnaie (dollar ou Euro) de la dette et sortir exceptionnellement du marché libre de taux en raison de la crise. Mais les Etats acceptent-ils de se mettre sous tutelle des ces
grandes institutions internationales ? la seconde forme est celle de la pure spéculation sur les échéances: du jour le jour à des prêts à long terme négociés au marchés boursiers. Ce sont ces
spéculations boursières sur les cours des changes, les taux indexés aux risques pays et les cours des valeurs (matières premières, énergie, marchés actions, etc.). Il faut décourager ces
spéculations par les taux maximum pour les dettes souveraines. Dans les deux cas, il y a perte d'opportunité mais pas de spoliation pour les spéculateurs. La 3ème situation concerne les prêts sur
les marchés obligataires auxquels souscrivent les Citoyens. Pour ces dettes, il ne faudrait pas modifier la règle du jeu car elles constituent les leviers d'investissement et de consommation des
citoyens ou d'épargne directe. Mais en temps de crise, ne faudrait-il pas demander un effort équitable à tous les acteurs économiques ? Aujourd'hui, nous n'avons plus beaucoup de choix. Aux
décideurs politiques de nous proposer les orientations.



Y.L. 06/09/2011 06:42



L'évidence résulte des vos chiffres et de votre analyse, mais le problème est de trouver des politiques disposant de l'autorité nécessaire pour faire accepter des dispositions aussi dures. Quel
régime serait le plus apte à remplir cette tâche? Les régimes autoritaires n'en ont pas le souci. "Ils" consomment trop d'énergie à se maintenir, pour en disposer assez pour agir au profit
de....leurs créanciers. Et les régimes démocratiques n'ont pas assez d'autorité pour faire passer des pilules aussi amères. Aussi, je pense qu'au terme d'une certaine dose de tensions
financières, "On" en viendra à l'effacement des dettes insolvables, et à la répartition du bouillon entre tout le monde. Il n'est pas possible de placer un ou plusieurs peuples et leurs
gouvernements, en faillite, comme on peut le faire pour des entreprises.



Nouvelle Dynamique 06/09/2011 07:36



Vous avez parfaitement raison sur vos observations sur la capacité des "Politiques" à s'engager dans des solutions apparaissant comme impopulaires. En même temps, les créanciers n'ont pas
prêté "leurs" fonds pour les perdre... au même titre que les citoyens ne peuvent pas accepter que les Etats refusent de rembourser les emprunts obligataires contractés
dans les pays ! Les Etats comme les Citoyens, nous sommes tous liés par le contrat en souscrivant à la dette qui nous oblige à rembourser le capital emprunté et les
intérêts contractuels. Mais le moteur des spéculations a poussé la finance internationale trop loin. La solution doit venir des grandes institutions internationales et des grandes
puissances économiques elles-mêmes : revoir à la forte baisse les taux d'intérêt des dettes souveraines et se serrer la ceinture sur les dépenses. Mais il ne faudrait pas tarder à agir ; il
y a un fort risque que les désepérances ressenties ne détruisent les équilibres précaires et ne dégénèrent en conflits et guerres de survie !