François Hollande : "Ce qui se joue aussi, c’est la relation entre l’Europe et l’Afrique. Nous avons besoin de nos deux continents ensemble pour assurer l’avenir."

Publié le par Nouvelle Dynamique

Le discours du Chef de l’Etat Le-Partenariat.JPGfrançais, François HOLLANDE, prononcé samedi 02 février à Bamako, place de l’Indépendance – . Il y a une convergence de fond entre le discours du président François Hollande et le contenu de ce livre "Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation",  que nous recommandons vivement à tous ceux qui s'interrogent sur la complémentarité historique et d'avenir entre l'Europe et l'Afrique. Cependant, la réussite de cette nouvelle rencontre "Europe-Afrique" est conditionnée par un nouvel état d'esprit des Africains exigeants et des Européens respectueux, un engagement à se débarrasser des "schémas colonialistes", du "mépris contre les Noirs", autant en Europe qu'en Afrique. La France et les Français devraient "apprendre à respecter" les Africains, en France et en Afrique, pour nouer enfin les relations de partenariat. Amis Français, ne cherchez pas à "tuer", à "écraser par jalousie", à "emprisonner pour éloigner", à "bloquer pour décourager", "à "salir délibérément pour déshonorer", à "discriminer dans l'espace professionnel", à "jeter à la vindicte populaire pour faire souffrir" les Noirs qui "tentent de réussir"... Ne regardez pas les études réussies des Noirs comme un frein à votre propre bien-être ! Arrêtez de penser qu'"un Noir ou un Arabe est forcément coupable, sans enquête approfondie et sans preuves irréfutables, simplement pour ce qu'il est, et qu'il lui appartient de prouver son innocence" , alors que "le Blanc est présumé innocent jusqu'à ce que la justice prouve et établisse sa culpabilité, à travers de véritables et justes enquêtes" ! Au cours de longues périodes de la traite négrière et de la colonisation, les Noirs ont tenu et ont survécu parce qu'ils sont RESISTANTS ! Ils tiennent aujourd'hui contre le racisme et les discriminations parce qu'il gardent l'espérance des jours meilleurs. Mais désormais, c'est en Afrique que se joue l'avenir du monde ! Car l'Afrique est le réservoir avéré des richesses mondiales. Les pays industrialisés historiques et les nouveaux pays émergents s'y bousculent ! Alors Africains, REVEILLEZ-VOUS !

           S'agissant des crises actuelles en Afrique, si tous les Africains, et spécialement les Maliens, avaient investi dans l'éducation  de leur jeunesse et dans des projets ambitieux de développement depuis leur indépendance, on n'en serait plus à MENDIER devant les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Indonésiens, les Américains et  les Européens... Si les Maliens avaient accéléré ces ambitions depuis les révoltes contre la dictature de Moussa Traoré en 1992, les Islamistes radicaux obscurantistes n'auraient pas trouvé leur prise dans une population majoritairement analphabète à plus de 70%... Les dirigeants africains sont donc partie prenante dans les malheurs qui frappent encore aujourd'hui, comme hier pendant l'esclavage, leurs peuples. 

 

Ci-après le discours du président François Hollande à Bamako :

« Monsieur le Président du Mali, vous venez à l’instant de remercier la France à travers ma personne, à travers le gouvernement ici représenté. J’y suis sensible. J’en suis fier. Mais à mon tour d’exprimer au peuple malien toute ma gratitude pour son accueil exceptionnel.


Tout au long de cette journée commencée à Mopti, poursuivie à Tombouctou, se terminant ici à Bamako et partout les mêmes clameurs, la même ferveur pour dire « Vive la France et vive le Mali ! ».


Oui, c’est vrai, j’ai pris une décision grave le 10 janvier d’engager les soldats français avec les soldats maliens. C’était l’appel que m’avait lancé le président TRAORE. C’était le devoir de la France qui agissait au nom de la communauté internationale avec le soutien des pays européens dans le cadre des Nations Unies. Oui, nous devions être là parce ce qu’il était important de combattre, c’était le terrorisme. Le terrorisme ici au Mali, le terrorisme en Afrique de l’Ouest, le terrorisme partout. Agissant ainsi, la France était à la hauteur de son histoire, de la République, des droits de l’Homme et donc de la démocratie.

Depuis cette date du 10 janvier, de l’intervention de la France, ville après ville, village après village, les armées du Mali et de la France appuyées par les pays de l’Afrique de l’Ouest rendent enfin au Mali son unité, son intégrité et sa force.


Oui, le terrorisme a été repoussé, il a été chassé mais il n’a pas encore été vaincu. Je veux saluer devant vous le sacrifice des soldats maliens. Je pense aussi au Commandant Damien BOITEUX, mort pour la liberté et dont je m’honore de dire que, ici, beaucoup de parents maliens ont appelé leur enfant Damien en souvenir du sacrifice qui fut le sien.

La France est à vos côtés, non pas pour servir, je ne sais quel intérêt, nous n’en avons aucun, non pas pour protéger telle ou telle faction, ou pour tel ou tel parti du Mali… Non, nous sommes à vos côtés pour le Mali tout entier et pour l’Afrique de l’Ouest. Nous nous battons ici pour que le Mali vive en paix et en démocratie. Et vous avez donné la meilleure des images aujourd’hui avec votre chaleur, avec votre ferveur mais aussi avec votre douleur pendant tous ces mois où le fanatisme a sévi dans le nord du Mali.

Nous nous battons en fraternité, Maliens, Français, Africains parce que moi je n’oublie pas que lorsque la France a été elle-même attaquée, lorsqu’elle cherchait des soutiens, des alliés, lorsqu’elle était menacée pour son unité territoriale, qui est venu alors ? C’est l’Afrique, c’est le Mali. Merci, merci au Mali. Nous payons aujourd’hui notre dette à votre égard.


Mais je vous l’ai dit, le combat n’est pas terminé. Les groupes terroristes sont affaiblis, ils ont subi de lourdes pertes mais ils n’ont pas disparu. Alors qu’avons-nous à faire ? Continuer, poursuivre. Et la France restera avec vous le temps qu’il faudra c’est-à-dire le temps que les Africains eux-mêmes prendront à travers la MISMA pour nous suppléer, pour nous remplacer. Mais jusque-là, nous serons à vos côtés, jusqu’au bout, jusqu’au nord Mali.


Mais je vous l’avoue aussi, parce que c’est le respect que je vous dois, la France n’a pas vocation à rester ici au Mali, parce que ce sont les Maliens eux-mêmes, les Africains qui assureront la sécurité, l’indépendance, la souveraineté. C’est ainsi que je conçois les relations entre la France et l’Afrique. Le respect, la démocratie, la transparence. C’est vous maintenant qui allez porter votre destin.


Je m’exprime ici devant le monument de l’indépendance, pour rendre hommage à votre histoire mais aussi pour vous dire que votre pays va connaître une nouvelle indépendance qui ne sera plus, cette fois, la victoire sur le système colonial mais la victoire sur le terrorisme, l’intolérance et le fanatisme. Voilà votre indépendance.


La France est aux côtés du Mali par ses soldats mais elle est aussi aux côtés du Mali par son aide, par son soutien. Nous avons décidé d’être à vos côtés pour vous accompagner dans le redressement économique ; dans la renaissance de vos services publics, pour l’éducation, la santé, la sécurité. Nous contribuerons à la réédification des sites culturels maliens.

Nous ne serons pas seuls à le faire, l’Europe est à vos côtés. La communauté internationale est avec vous, l’UNESCO représentée par sa Directrice générale est là aussi parce que nous ne pouvons pas accepter ce qui s’est passé à Tombouctou : des lieux saints qui ont été hélas souillés, des monuments qui ont été profanés, des documents historiques qui ont disparu… Nous les reconstituerons avec vous. Parce que c’est le patrimoine du Mali mais aussi parce que c’est le patrimoine de toute l’humanité que vous avez en charge. Je connais les souffrances qu’a provoquées l’occupation des villes du nord du Mali.


Ceux qui se sont associés aux groupes terroristes devront répondre de leur crime. Devant la justice, il ne doit pas y avoir d’impunité pour ces actes. Mais c’est à la justice malienne, à la justice internationale, à la Cour pénale de faire en sorte qu’il puisse y avoir la juste sanction de ces crimes. Mais la justice n’est pas la vengeance. Ce n’est pas l’exaction. Aucune souffrance ne peut expliquer le pillage ou une exaction. On ne répare pas une injustice par une autre injustice. Vous devez être exemplaires. Vous êtes regardés par toute la communauté internationale. Oui, nous devons châtier les criminels, les terroristes mais nous devons le faire, vous devez le faire avec le respect des droits de l’Homme, ceux-là même qui ont été bafoués, floués par les terroristes.


Dans cet esprit de confiance à l’égard du Mali, je sais l’effort qu’il reste à faire : retrouver l’intégrité territoriale de tout le Mali. Aucune ville, aucun village ne doit être occupé par les terroristes et échapper à la souveraineté du Mali.


Oui, nous avons aussi à engager ce processus de sécurité par la MISMA, par les forces africaines. Oui, vous avez à faire la transition politique, la démocratie, les élections. Faites de belles élections au mois de juillet. Montrez à toute l’Afrique, à tout le monde, que le Mali est un exemple et faites en sorte que la France puisse se dire que ce que vous faites ici au Mali méritait bien le sacrifice de nos soldats.


Ce qui se joue aussi, c’est la relation entre l’Europe et l’Afrique. Nous avons besoin de nos deux continents ensemble pour assurer l’avenir. Nous avons besoin de la communauté internationale, nous avons besoin des aides qui viendront de partout pour vous. Et puis nous avons besoin de la France et du Mali unis, ensemble, les deux peuples qui se retrouvent dans les mêmes fondements, dans les mêmes valeurs.


J’ai parlé aux Maliens qui vivent en France. Je leur ai promis que je viendrai ici à Bamako pour leur dire, pour vous dire que ce que nous avons à faire ensemble est plus grand que nos deux peuples, c’est de montrer que le terrorisme peut être vaincu, que la démocratie peut prévaloir et que les droits de l’Homme valent partout, sur tous les continents et que nous sommes, les uns les autres, unis par le sang versé, unis par la décision que nous avons prise ensemble, unis avec les Nations unies, unis ensemble.


Faites en sorte, amis Maliens de réussir jusqu’au bout votre nouvelle indépendance. La France est avec vous. La France est à vos côtés. La France est fière de vous.


Et moi, je veux ici vous dire que je viens de vivre la journée la plus importante de ma vie politique. Parce que, à un moment, une décision doit être prise, elle engage la vie d’hommes et de femmes. Cette décision, je l’ai prise au nom de la France. Cette décision, elle honore la France et à travers les clameurs, la ferveur, le soutien que vous m’apportez, c’est à toute la France que vous donnez votre plus grand hommage.


Merci peuple malien. Vive le Mali. Vive la France. Vive l’amitié entre le Mali et la France. Merci ».

 

Commentaire :

Il est entendu que l’engagement militaire de la France au Mali n’est pas conditionné par des contreparties financières, minières, pétrolières ou de contrats « secrets ». Quiconque a suivi les péripéties du Mali, depuis l’offensive politico-militaire du MNLA en janvier 2012et le développement des violences, des exactions et de la conquête du nord du Mali par les extrémistes radicaux islamistes des groupes Ansar Dine, Mujao, d’Aqmi avec le renfort de Bako Haram qui sévit au nord du Nigéria, ne pouvait prévoir une autre issue que la prise du pouvoir à Bamako par ces Islamistes. Après Sévaré, la destination déclarée et attendue était Bamako. La France est intervenue à temps pour arrêter cette sombre issue pour le Mali.

 

Le discours du président François Hollande à Bamako, le 2 février 2013, est plein de pragmatisme et d’encouragement pour le Mali, pour l’Afrique de l’Ouest et pour le continent africain. Il déclare : « parce que ce sont les Maliens eux-mêmes, les Africains qui assureront la sécurité, l’indépendance, la souveraineté. C’est ainsi que je conçois les relations entre la France et l’Afrique. Le respect, la démocratie, la transparence. C’est vous maintenant qui allez porter votre destin ». Peut-il en être autrement ? « La France est à vos côtés, non pas pour servir, je ne sais quel intérêt, nous n’en avons aucun, non pas pour protéger telle ou telle faction, ou pour tel ou tel parti du Mali… Non, nous sommes à vos côtés pour le Mali tout entier et pour l’Afrique de l’Ouest. Nous nous battons ici pour que le Mali vive en paix et en démocratie ». Et pourquoi cela revient-il à la France de rappeler cet objectif de base pour tout développement ? Parce que l’Afrique de l’Ouest a failli à son devoir de maintien de la Paix et de la Démocratie dans ce pays. Ces derniers pouvaient se cacher derrière le manque de moyens matériels, de financement de leur intervention au Mali, de manque d’entraînement pour ce type d’opérations à haut risque, etc. Mais, on a longtemps cru que l’Ecomog, une armée d’intervention était créée pour cela ! Il est donc temps de s’interroger sur les capacités des Etats africains à se prendre en charge. En effet, l’Ecomog (Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group), considéré comme une Brigade de surveillance du cessez-le-feu de la CEDEAO, est un groupe militaire d’intervention placé sous la direction de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il était destiné dès son origine à faire respecter les cessez-le-feu signés dans les pays membres de la CEDEAO. Sil’on considère que le Mali était attaqué par des groupes armés internationaux, l’Ecomog est alors légitime pour intervenir afin de s’interposer, désarmer et faire cesser les attaques de ces groupes sur un Etat membre. Les appels, comme un relai d’injonction venue d’Europe et des USA sur le retour à l’ordre constitutionnel à Bamako après le coup d’Etat, était une expression d’impuissance de la CEDEAO à intervenir au Mali. Depuis l’entrée en fonction de Dioncounda Traoré comme président par interim du Mali, les Etats de la Cedeao n’ont pas plus réagi qu’avant son installation. Pourtant, c’est bien depuis la guerre civile du Libéria que la CEDEAO a décidé la création d’un groupe de supervision du cessez-le-feu, en 1990. Ce groupe est déjà intervenu également lors de la guerre civile de Sierra Leone et en Guinée-Bissau. Et en 1999, la CEDEAO décida de constituer cette brigade en un groupe permanent pour la sécurité des Etats de l’Afrique de l’Ouest, avec pour objectifs bien clarifiés :

  • D’observer et superviser les cessez-le-feu ;
  • De maintenir et construire la paix ;
  • D’effectuer des interventions humanitaires ;
  • D’effectuer des déploiements préventifs ;
  • De désarmer et démobiliser les forces armées non régulières.

À l’origine, l’Ecomog était composé d’une centaine d’hommes en armes, avec une majorité de Nigérians. Mais en raison de la violence et de l’étendue de la guerre civile du Libéria, le nombre des troupes est monté jusqu’à 20.000 hommes. Rares sont alors les pays, en Afrique de l’Ouest, capable d’aligner une véritable armée professionnelle de ce niveau d’effectif. Cependant, pour le Mali, l’Ecomog éprouve d’énormes difficultés à rassembler une modeste armée de 2000 hommes en armes au secours de ce pays, et en trois semaines d’intervention, la France parvient à rassembler 4000 hommes, assistés des soldats maliens pour la reconquête du nord du Mali. L’on peut alors, à juste titre, dire que la France a libéré le Mali et l’Afrique de l’ouest de la propagation de l’islamisme radical comprenant le narcotrafic, les violences sur les populations civiles et le terrorisme.

Le président François Hollande a donc tout à fait raison d’insister sur : « Ce qui se joue aussi, c’est la relation entre l’Europe et l’Afrique. Nous avons besoin de nos deux continents ensemble pour assurer l’avenir ». En écho à ces propos, nous ne pouvons que conseiller la lecture d’un excellent ouvrage « le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation » qui exhorte les Africains à mieux organiser leurs espaces régionaux pour faire face aux agressions de la mondialisation. La guerre économique est aussi une véritable guerre. Le Mali et l’Afrique de l’Ouest viennent de démontrer qu’ils ne sont pas armés contre le terrorisme international, pourtant localisé dans le nord du Mali ; ils ne le sont pas davantage contre la guerre économique de la mondialisation. Une nouvelle conscience est indispensable aux Africains pour constituer des espaces économiques, politiques, de sécurité et de défense dans chacune des cinq régions de ce continent. La France vient alors de démontrer que l’avenir de l’Afrique est bien dans le partenariat entre l’Europe et l’Afrique contre toutes les guerres et pour le développement de ce continent.

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Emmanuel Nkunzumwami

Auteur du livre : « Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation », Editions L’Harmattan, 2013 et de « La Montée de l’extrême droite en France ».

Publié dans emmankunz

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Yves Leclercq 10/02/2013 05:58


Cher Emmanuel, 


Nos conclusions se rejoignent. Il faudra de la patience sur plusieurs générations. Une comaraison avec l'Europe est possible: il nous a fallu combien de temps pour commencer à nous dégager de
l'Europe des nations? Et c'est loin d'être fini. L'égoïsme national est intenable, son effacement est encore impossible.

Yves Leclercq 09/02/2013 17:53


Cher Emmanuel,


Vous jugez sévèrement les gouvernements qui ont pris en charge le Mali, et vous avez sûrement raison. Si la démocratie y fonctionnait normalement, les électeurs maliens pourraient être condamnés
solidairement. Mais ce n'est pas le cas et le niveau d'analphabétisme que vous soulignez est par lui-même un obstacle au bon exercice de la démocratie.


Quant aux envahisseurs du Nord Mali, ce sont quand même des étrangers, en plus d'être des "fous de dieu" et des trafiquants (il faut bien vivre!). L'appui que leur ont donné des touaregs
s'expliquent par leur conflit avec le gouvernement malien. Il y aura, sur ce point, une solution politique délicate, à trouver. Il reste que notre arrivée fut bien une libération, pour la région
occupée, un soulagement pour la menacée.


Il n'échappe à personne que peu d'états africains sont bien gouvernés, que leurs ressources, s'ils en ont, sont copieusement détournées. C'est autant de moins pour les investissements dans
l'éducation, la santé. Je ne veux pas, par principe, accabler les hommes.Il faut leur laisser le temps. De notre côté, ne pas devenir indifférents, ne pas oublier nos liens et nos
responsabilités.


Je persiste à penser, aussi, que l'Afrique souffre de handicaps géographiques, climatiques, sanitaires (liés aux précédents), qui sont autant de difficultés à surmonter.

Nouvelle Dynamique 10/02/2013 00:51



Cher Yves,


je reconnais que je suis devenu très exigeant vis-à-vis des gouvernants africains. J'aimerais en entendre beaucoup qui nous disent qu'ils ont essayé d'appliquer leurs ambitions pour leur pays
mais qu'ils ont été handicapés par l'absence de moyens... De plus, plutôt que vider les caisses de leur trésor public pour venir investir en Europe ou en Amérique, je comprendrais encore qu'ils
investissent dans leurs propres pays... éducation, infrastructures, équipements de santé, technologies de l'information et de la communication, etc. Ainsi, les populations analphabètes
comprendraient les raison de s'investir dans l'amélioration de leur conditions de vie et dans l'éducation de leurs enfants...


Par ailleurs, je suis tout à fait d'accord que nous devons à l'Afrique compréhension et solidarité car les peuples souffrent pendant que leurs dirigeants mènent une vie parfois extravagante dans
leurs palais... mais je pense également qu'il faut que nous fassions comprendre à ces dirigeants qu'ils détiennent une grande part de responsabilité dans les malheurs qui frappent leurs pays.
Dans le cas du Mali, il conviendrait que la MISMA comprenne 90% des hommes de l'Afrique de l'Ouest, et que nous puissions leur apporter notre soutien en complément de leur action sur le terrain
(logistique, formation, encadrement, renseignement). Nous substituer à eux reviendrait à les déresponsabiliser, alors qu'ils doivent gérer les conflits et les crises sur leur territoire. Les 15
pays de la CEDEAO devraient mobilier et unir leurs efforts pour la sécurité de leur territoire et organsier leur Ecomog à cet effet... Il devrait en être ainsi de chacune des autres quatre région
du continent... Aider, accompagner et apporter notre concours de solidarité, OUI. Faire à leur place et combattre pour eux, NON, sauf en cas de situation exceptionnel comme au mali où le pauvre
pays était confronté à un terrorisme international organisé par des "criminels islamistes obscurantistes" étrangers à l'Afrique ! 


Quant au handicap géographique, je ne peux qu'être tout à fait d'accord ! Aussi, pour certains cas, une réorganisation des territoires est indispensable pour assurer la paix dans le pays. Cela
est notamment vrai en R D Congo, comme cela s'est déroulé au Soudan. L'hétérogénéité des populations et de leur histoire au sein d'un espace commun national est une erreur et une faute de
l'histoire héritées de la colonisation. N'appartient-il pas aux Africains eux-mêmes, aujourd'hui mûrs, de corriger ces aberrations coloniales, dans la paix, dans le pragmatisme et dans la
sérénité ? Et dans d'autres cas, ne conviendrait-il pas de constituer des Etats fédéraux autonomes, puisque nous nous acheminons vers des intégrations régionales ? La question est posée aux
Africains eux-mêmes... Et c'est à eux seuls d'y répondre !



Yves Leclercq 08/02/2013 16:28


Je suis de ceux qui ont approuvé sans réserves la décision rapide et ferme d'intervenir au Mali pour arrêter l'offensive des djihadistes en direction de Bamako. Et sa continuation par une contre
offensive en vue de libérer le Nord Mali d'une occupation en grande partie étrangère, et se comportant en force d'occupation. Cette situation durant depuis un an, environ, il est probable que
notre état-major avait préparé cette opération depuis plusieurs mois.


On se plait à répéter que la France n'avait aucun intérêt à défendre au Mali. C'est oublier l'intérêt moral pour un pays auquel nous rattache l'histoire, et l'intérêt pour une population qui
souffre d'une occupation armée abusant de sa force. Il y a du droit d'ingérence au centre de cette situation.


Nous avons aussi des devoirs envers les pays qui ont composé notre empire colonial, et auxquels nous avons légué les limites aberrantes qui résultaient du découpage administratif et militaire,
établi au gré de la "pacification". Bien entendu, seule la demande d'un pays entrainerait notre intervention. C'est ce qui s'est passé pour le Mali, en raison de l'urgence créée par l'attaque
djihadiste. Le plan normal était l'intervention de la MISMA...une fois qu'elle aurait été fin prête.


Pour des raisons politiques et financières, notre gouvernement annonce un retrait partiel de nos militaires dès le mois prochain. Ça parait bien tôt. Ce qu'il faudra maintenir, c'est la
surveillance aérienne du territoire, et des capacités d'appui aérien des troupes au sol.

Nouvelle Dynamique 09/02/2013 15:36



Cher Yves, je suis parfaitement en ligne avec vous sur ce douloureux dossier malien. Oui, au nom de la liberté et de la sécurité du peuple malien, au nom de la défense d'intégrité et de la
souveraineté internationale de ce pauvre pays, la France a bien accompli son devoir devant l'histoire et au nom des peuples libres.


Néanmoins, je refuse au Mali la liesse de la "Libération"... Certes, le Mali était attaqué par une multinationale du crime, Al Queida, par sa filiale africaine Aqmi. Certes, les renforts des
criminels islamistes obscurantistes radicaux d'Asie et des Salafistes de l'Afrique arabo-musulmane ont été déterminants pour occuper le Nord du Mali, avec la complicité du MNLA, des groupes
criminels armés Ansar Dine, Mujao et les fondamentalistes violents de Bako Haram du nord du Nigéria. C'est un fait. Mais, le Mali avait déjà bien creusé son propre fossé et les djihadistes ne
faisaient que le pousser dedans... L'incapacité à se gérer, les corruptions généralisés qui ont puisé dans les maigres caisses de l'Etat, la mal gouvernance depuis la coup d'Etat de Moussa
Traoré... ont provoqué la déliquescence de l'Etat et l'incapacité de son armée à protéger son immense territoire de 1,200 millions de km². Enfin, lorsque vous détenez le plus fort taux
d'analphabétisme en Afrique, qui déjà se porte médiocrement, avec 70% d'analphabètes parmi la population de 15 ans et que seuls 50% des enfants de moins de 15 ans vont à l'école, ne vous étonnez
pas que les criminels professionnels du radicalisme musulman prêts à tout pour imposer la charia vous observent... Ils se sont abattus sur le Mali car ils en connaissaient les faiblesses
indiquées. Avec 70% d'analphabètes, il est facile d'installer d'importe quoi !!! Surtout en sachant que l'armée nationale est incapable de vous déloger... Enfin, l'arsenal libyen sert abondamment
dans la région où le narcotrafic se mélange avec le trafic des armes et le blanchiment d'argent pour financer ces crimes...


La suite sera compliquée au Mali... Il faudra lever une armée d'au-moins 10.000 hommes en armes pour patrouiller quotidiennement dans cet immense terrain désertique pour empêcher la formation
d'autres groupes de criminels qui ne manqueront pas de se former... Contre la mondialisation du crime et du terrorisme, il convient d'opposer la mondialisation de la solidarité des moyens pour
les combattre. Mais, l'essentiel doit prevenir du Mali et de tous les pays dont la mal gouvernance, l'analphabétisme et le manque d'Etat sont des alliés naturels aux criminels de toutes
obédiences...