LES PROBLEMATIQUES DE L'IMMIGRATION ! Toujours Sud->Nord ? Que manque-t-il au Sud ?

Publié le par Emmanuel Nkunzumwami


   Ce sujet offre la seule activité extra-saisonnière car la misère n’a pas de saison… Elle frappe 365 jours par an !… Donc pas d’accord avec Charles Aznavour pour qui « il [lui] semble que la misère serait moins pénible au soleil ». Une sagesse africaine nous livre : « ne raconte les affres de la nuit que celui qui a connu la nuit blanche ». Et alors pourquoi le Sud, qui dispose de toutes les richesses et toutes les ressources naturelles que convoitent les anciennes et les nouvelles puissances industrielles dans le monde, est-il encore le plus grand concentré de misère ? Que manque-t-il dans la tête des dirigeants et à la tête des Etats et des organisations dans les pays du Sud ?

 

   Au temps des grands empires européens, depuis le Moyen-âge jusqu’aux années 60, les grandes puissances agricoles, économiques, puis industrielles de l’Europe ont fait rêver : c’était déjà l’empire germanique, la France et ses colonies, le Royaume-Uni et ses dépendances over-seas et le Benelux et ses colonies (pour la Belgique et les Pays-Bas). Les Européens venaient de Grèce, de Portugal, d’Italie, d’Espagne et de tout le pourtour méditerranéen pour chercher fortune dans les empires de la richesse. N’était-ce pas déjà le Roi de France qui passait commande aux navigateurs portugais au XVème siècle qui devaient risquer leurs vies dans les tempêtes des étendues des Océans jusqu’aux Indes (Moyen et Extrême-Orient) dans le commerce des épices, des tissus, des teintures et d’autres produits exotiques de l’époque ? Et lors des guerres de religions et des persécutions contre les protestants en France,  ces derniers ne sont pas descendus tout de suite (notamment vers l'Afrique du Sud), mais ils ont rejoint la Suisse, l’Allemagne, et surtout les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Écosse. Ils se sont donc dirigés vers les pays du Nord. Industrieux, travailleurs et innovateurs, ils ont développé l’industrie, l'artisanat, le commerce, la banque et la finance dans ces pays d’accueil et en ont fait des grandes puissances économiques bien avant la révolution française de 1789. Et les plus téméraires ont traversé l’Atlantique pour se joindre aux Britanniques et fonder les États-Unis d’Amérique. Mais encore, l’on retrouve cette différenciation entre le Sud américain « agricole et rural » et le Nord américain « industriel et urbain ». Ce Nord américain se prolonge jusqu’aux provinces du Sud du Canada… Et pendant que les Français et les Britanniques « construisent » le Nouveau Monde en Amérique du Nord, les Sud-européens viennent chercher du travail, fuir les famines et les épidémies, puis s’installer progressivement en France et au Benelux. Les Espagnols et les Portugais s'aventurent à leur tour en Amérique du Sud, mais le sort de misère s'acharne toujours sur le Sud qui reste pauvre, même en Amérique du Sud, en fixant les regards pour sa survie vers le Nord américain. D’autres méditerranéens tentent leurs chances dans l’empire germanique, jusque dans les pays scandinaves ; comme les Mexicains, les Brésiliens et d’autres Sud-américains tentent leurs chances aux États-Unis. C’est toujours le flux du Sud vers le Nord.

 

    Aujourd’hui et depuis l’effondrement de l’URSS et du mur de Berlin, les données économiques et géopolitiques mondiales ont complètement changé mais les flux migratoires n’ont pas changé de sens. Les économies mondialisées se construisent sur les Industries et les Services, mais le Sud reste dans le brouillard. Dans l’un ou l’autre cas, la « matière grise » précède la « matière première du sous-sol » ; d’où la principale matière première du développement des nations est leur matière grise, donc l'intelligence de leurs ressources humaines. Elle est obtenue en créant des Écoles et des Universités de bonne tenue, en introduisant les Professeurs d’excellente qualité, en y intégrant de bons élèves et en s’assignant des objectifs de qualité de formation et de développement industriel intérieur au pays. Si le pays ne se suffit pas à lui seul pour atteindre ces objectifs, il s’associe avec ses voisins : ainsi se construit sous nos yeux l’Union Européenne comme se sont construits, certes sur un modèle fédéral et donc différent de l’Union Européenne, les États-Unis d’Amérique. Mais alors, que se passe-t-il au Sud de la Méditerranée ? Rien de significatif. Ou plus exactement, il va se passer quelque chose dans le cadre de l’UPM -Union pour la Méditerranée- fondée le 13 juillet 2008 à Paris. Pour l’Afrique, cette Union concerne les pays arabo-musulmans riverains de la Méditerranée. Et les autres pays africains ? Rien. Pourtant, il faut « arrêter » de dépendre de l’Europe et de l'Amérique du Nord pour se nourrir, étudier et travailler… C’est une véritable honte qui accompagne toujours ce mouvement d’ « Immigration Sud-Nord » ! Seules exceptions notables de ces flux d'attractivité : les zone Nord des grands ensembles urbains... Il est plus valorisant d'habiter le Sud-ouest francilien que le Nord. Cela est vrai pour la grande majorité des agglomérations urbaines occidentales. 

 

    Peut-on nous expliquer, hors des pays abritant encore des poches de résistance des violences de groupes armés en Côte d’Ivoire, en République Démocratique du Congo, au Tchad, au Soudan et en Somalie, pourquoi de si nombreux « Noirs Africains » continuent de venir massivement quémander et mendier le « pseudo-asile politique » en Europe ? Pourquoi un ressortissant du Nigeria, du Gabon, du Cameroun, du Congo, de la Guinée, du Liberia, du Maroc, de Tunisie, d’Éthiopie…. (La liste n’est pas exhaustive !) viendrait demander la protection (contre quoi exactement !) en France ? Pourquoi les nouveaux arrivants, plutôt que de clamer une volonté de se constituer et s'assumer en « immigrants économiques à la recherche du travail » préfèrent se constituer en « faux réfugiés politiques », ignorant jusqu’à la situation réelle et aux régimes politiques dans leurs pays d’origine qu'ils sont censés fuir ? N’a-t-on pas connu des Africains de toutes origines se déclarant « Rwandais » au temps du terrible génocide au Rwanda en 1994 ? De vrais criminels rwandais se sont joints au cortège pour venir couler des jours paisibles dans le pays qui les a soutenu, en laissant derrière eux plus d'un million de morts ? Certains ont même acquis la nationalité française ou belge sans qu'aucune prudence logique n'ait été prise, en attendant les conclusions des enquêtes internationales sur les identités des criminels, de se donner le temps pour connaîte l'histoire réelle de chaque demandeur de protection ? Comme si les Droits de l'Homme et les naturalisations protégeaient parfois les criminels et ignoraient les victimes du génocide ! Quels sont les vrais « noms » et les vrais « pays d’origine » des clandestins africains et des demandeurs d’asile en France et dans les autres pays occidentaux ? De nombreuses questions peuvent donc être posées quant à l’histoire individuelle et l'avenir des Noirs africains en Afrique et en Occident.

 

    Néanmoins, contre la misère, les violences et la déséspérance qui poussent de nombreux Africains "honnêtes" à l'émigration, des solutions existent mais certains dirigeants africains les torpillent pour ne pas avoir à en assumer les résultats. Plutôt que de sautiller à tout va autour du concept du seul projet continental de l'Union Africaine initiée par le président Khadafi, Quelles sont les ambitions des Etats africains à des horizons 2020, 2030? Quels moyens pour quels objectifs mésurables sont programmés, année après année ? Côté éducation, puisque c’est la base pour se constituer des « matières grises » : Les États ou les groupements d’États devraient se constituer des « Universités des Sciences et des Technologies » de niveau international, en y recrutant des étudiants performants sur les critères individualisés de potentiel, de motivation, d'ambition et de performance scolaire. Et l’Afrique n’en manque pas. Ensuite, il faut des encadrants solides, sérieux, bien formés, répondant aux standards internationaux de compétences et de connaissances. La Diaspora africaine dans le monde et les africains du continent peuvent fournir ces ressources rares. Et elles existent partout dans le Monde. Certes, nombreux africains en Afrique et dans le Monde gardent "une intelligence et des savoirs scolaires" faute de pouvoir les confronter au monde réel et développer les savoir-faire qui en découlent. Mais les potentiels existent et sont exploitables pour quiconque porte l'ambition du développement de son pays. La Diaspora africaine a donc un rôle fondamental à jouer pour sortir l'Afrique de l'abîme et du profond sommeil de la nuit. Enfin, il faut des projets de développement : des usines de transformation des matières premières à construire et à gérer, des chaînes industrielles à concevoir et à mettre en œuvre, des ressources et des produits finis à vendre et à exporter, des structures sanitaires et médicales à créer et à entretenir, une agriculture performante à développer pour lutter contre les famines, etc.… Les projets ne manquent pas, d’autant que presque rien de solide n’a été construit en Afrique. Cinq axes majeurs se dégagent pour assurer le décolage de l'Afrique : l'Agriculture (pour combattre les famines et assurer l'alimentation saine des populations),  la Santé (pour assurer le fonctionnement régulier du système sanitaire, la prévention et les soins médicaux), l'Education de la population (au-delà de l'apprentissage des savoirs fondamentaux, assumer et promouvoir une éducation d'excellence à la jeunesse et des formations professionnelles aux acteurs économiques, politiques et sociaux pour élever le niveau des savoirs, des savoir-faire, des expertises, et des recherches pour l'avenir de ces nations), les Infrastructures (routières, énergétiques, aéroportuaires, la modernisation des équipements publics et l'aménagement des territoires) et les Industries de transformation (agro-alimentaires, électromécaniques, chimiques et pharmaceutiques, minières, pétro-gazières, matériaux divers, etc.). Des Universités (intégrant les grandes écoles, les instituts divers, les laboratoires de recherches, et de grands talents), en relation et en contrat avec les États, pourraient former de « vrais experts » africains dans les domaines des hautes technologies, de la santé, de l’agriculture, des industries de transformation (minerais, pétrole, gaz, produits agricoles, produits laitiers, etc.), des constructions électriques (hydroélectricité, énergie solaire, éolienne et autres sources énergies alternatives, etc.), des industries électromécaniques, des services connexes de l’industrie…. Tous les pays d’Afrique Noire contiennent tout ou partie des ressources naturelles pour démarrer d’importantes industries et créer des richesses à valeur ajoutée dans le pays ou dans les groupements de pays. L’on verra ainsi s’inverser le sens des flux migratoires : les Européens et les Noirs dans les pays du Nord viendront chercher du travail et un meilleur confort de vie en Afrique, comme le font les chinois aujourd’hui, ou comme de nombreux Français font le chemin inverse vers l’Espagne ; une situation inimaginable du temps de l’Espagne très pauvre de la dictature franquiste. Ou encore de nombreux Français et Anglais qui vont faire fortune en Irlande, un pays considéré comme le plus pauvre d’Europe il y a seulement trente années.

 

    Pour l’Afrique, la situation est très simple :  Tout est à construire. La Banque Africaine de Développement y est prête (voir les exposés des responsables de cette banque au 8th International Forum
on African Perspectives du 27 juin 2008 à Paris
), de nombreuses institutions financières nationales et internationales acceptent de financer les projets d'éducation et de développement économique en Afrique. Il appartient aux États d’exprimer des ambitions claires et aux nationaux -et plus largement aux Africains eux-mêmes- de se réveiller pour penser et construire leur propre développement. Ainsi nous n’aurons plus ces vagues de désœuvrés qui irritent les Européens en tentant de venir s’installer sur leurs territoires et dont une grande majorité présente de sérieux handicaps pour s’intégrer dans les nouveaux pays d’accueil. Car si un Africain peut faire la fête partout dans son village en Afrique, il incommode lourdement tout son entourage par son vacarme quand il téléphone à ses cousins à partir d’un bus, d’un train ou d’un métro surchargé aux heures de pointe à Paris ou à Londres ou à  Berlin. Pourtant, les agents des chemins de fer et des sociétés de transport en commun ne cessent de rappeler en vain « les règles élémentaires de civisme pour la tranquillité de tous ». S’il peut s’asseoir sur le banc public et finir son déjeuner à Abidjan ou à Dakar ou à Bamako ou à Kinshasa, il n’est ni digne, ni hygiénique, ni propre d’ouvrir son sac de McDonald’s ou de Quick ou de KFC et se mettre à table sur les sièges du métro ou du train. Pire quand ils se mettent à plusieurs pour hurler et bavarder à tue-tête pendant ce temps du festin, au mépris des autres passagers des transports en commun, souvent épuisés par une longue journée de travail et qui n'aspirent qu'au calme. Cette situation se renouvelle dans certains logements où des bruits assourdissants et d'autres comportements nuisibles au "bon vivre ensemble" provoquent la colère et l'extrême indignation des voisins. Dans les couloirs des métros en France, les usagers marchent à droite : mais une foule de Noirs africains vient percuter de face d'autres usagers qui respectent le code de la circulation. Dès lors, l’on ne s’étonnera pas que même certains autres Africains deviennent « racistes » pour se désolidariser de leurs « compatriotes » désorientés jusqu’à l’intolérable en Europe. Pourquoi ce que les autres Européens (de l'Est ou du Sud) ou même les Asiatiques ont réussi en s’intégrant en Europe Occidentale devient une barrière infranchissable pour les Noirs africains : l’Intégration dans le paysage social européen avec le respect des us et coutumes des premiers occupants. Aucun secteur économique "honorable" n'est reconnu pour les Noirs en Europe. La mendicité des aides sociales, la sécurité aux portes des grands magasins ou des entreprises, et la délinquance ne sont pas des domaines clés de succès de la réussite économique. Est-il si stupide, avec un cerveau si peu développé que le Noir Africain n’arrive même pas à parler correctement la langue du pays d’accueil, à se conformer aux usages du pays qui le reçoit, à intégrer ses enfants dans les écoles de la réussite, à se fondre dans le paysage et s’intégrer dans la vie économique, politique et sociale du pays d’accueil ? Toutes ces interrogations convergent vers des vérités simples : l’homme n’arrive à se faire respecter que s’il montre de l’intelligence contributrice pour le bien de la collectivité ou s’il est capable d’une puissance de rétorsion vis-à-vis de son agresseur, ou mieux s’il a les deux. La Chine et l’Inde sont d’excellents exemples pour les Européens car elles sont entrées en compétition frontale avec les anciennes puissances industrielles occidentales. Pour les Européens moyens, les Noirs Africains sont mendiants chez eux et affamés dans leurs pays d’origine; donc partout des miséreux ! Pour construire une autre image digne, qui donne de la valeur aux Noirs et où ils défendent « leur intelligence contributive à la collectivité mondiale », les Noirs Africains sont « condamnés » à construire un « vrai développement » en Afrique et résorber une part importante de leurs populations au lieu de les laisser s’échouer en mer ou venir atterrir dans les foyers de miséreux en Occident.


    Africains, vous avez tout pour vous développer chez vous : ressources minières, pétrole, gaz, terres fertiles, étendues des territoires ; pourquoi voulez-vous laisser ces richesses à la Chine (qui a décidé de pousser à l'émigration "volontaire" plus de 300 millions de chinois hors du pays à l'horizon 2030 pour résoudre son problème de surpopulation avec plus de 1,300 milliard d'habitants en Chine aujourd'hui ; une grande partie de ces Chinois se retrouvera en Afrique et dans quelques autres pays pauvres de l'Asie) ou à d'autres malins prédateurs pour venir vous constituer en « pseudo-réfugiés politiques et vrais-faux demandeurs d’asile » pour fuir la misère de vos pays d’origine que vous êtes les seuls à combattre par une véritable rage pour le développement. Savez-vous que grâce aux vils prix que ces puissances économiques laissent à l'Afrique, souvent après l'exploitation de ses ressources au mépris des Droits de l'Homme et des conventions internationales de protection de l'environnement, ces puissance en font des opportunités de spéculation financière sur les marchés internationaux aux détriments même de l'Afrique. Les crises actuelles sur les produits alimentaires et sur l'énergie pétro-gazière sont une illustration de l'Afrique productrice des matières premières et incapable d'acheter les produits finis issus de ses mêmes matières premières. Les Européens et les Américains ont longtemps fait la loi (politique, économique et sociale) en Afrique au profit des économies occidentales ; aujourd'hui, ce sont les Chinois et bientôt les Indiens qui exploitent l'Afrique pour leur propre développement, en profitant des coûts d'exploitation et de revient les plus bas du monde. Et les Africains se contentent des maigres rémunérations ou des contreparties d'armement (c'est le retour du troc connu au moyen-âge !) en échange de leurs ressources. Près de 50 ans après les indépendances, la responsabilité n'incombe plus qu'aux anciens colonisateurs ; les Africains sont aujourd'hui les principaux responsables de leurs malheurs. Diaspora et Élites africaines, à quoi servez-vous si vous ne pouvez même pas affronter les dirigeants incompétents de vos pays pour proposer et corriger les trajectoires de développement local, à moins d’être vous-mêmes incompétentes ? Hauts diplômés et incompétents ne sont malheureusement pas incompatibles ! Jeunesse africaine, à quoi rêves-tu si tu n’as pas l’ambition d’un monde meilleur en restant sur les terres de tes parents ? D’autant que nombreux sont les Africains qui ne présentent même pas les capacités à s’intégrer en Europe pour défaut de bagages suffisants de savoirs fondamentaux ou de blocages culturels les incitant au communautarisme.

Et puisque les Africains ne veulent pas rester chez eux pour développer leurs propres pays, dès qu’ils franchissent les frontières pour venir en Europe, qu'ils soient expulsés tout de suite pour qu’ils comprennent que « l’Europe et l’Amérique du Nord ne peuvent pas accueillir toute la misère du monde ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis tout à fait d’accord avec cette politique de l'Occident. Comme dirait Bill Gates, “We must think global and act local”. C’est sûrement cela, la Mondialisation.

Emmanuel Nkunzumwami
Auteur de "La Nouvelle Dynamique Politique en France", Editions L'Harmattan, Paris, Décembre 2007.

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