La covid-19 en France aurait occasionné 111.284 décès au 8 juillet 2021 sur 5.799.107 personnes testées positives à la covid-19. Ce nombre de décès est de 128.336 au Royaume-Uni, de 127.731 pour l’Italie, 91.710 pour l’Allemagne ou encore 80.997 pour l’Espagne.

     Ailleurs dans le monde et à la date du 8 juillet 2021, la covid-19 aurait emporté 622.213 vies aux États-Unis, 530.344 personnes au Brésil, 405.967 décès enregistrés en Inde, 234.458 vies au Mexique, 193.909 au Pérou, 141.501 personnes en Russie, 111.155 vies perdues en Colombie, 97.904 personnes en Argentine, 85.397 décès en Iran…. Et 63.499 morts en Afrique du Sud, la plus forte présence de la covid-19 en Afrique. A ce stade, il convient de remarquer que le pays le plus touché du continent africain a perdu l’équivalent de 49,5% des vies emportées par la covid-19 au Royaume-Uni ou encore 57,1% des vies perdues en France.

     Avant la pandémie du covid-19, comment évoluait la mortalité en France ? Une étude sur la base des données de l’Institut national de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) montre que la mortalité avait fortement progressé depuis 2015 par rapport aux évolutions enregistrées depuis 1981. Il apparaît notamment que la mortalité, qui avait baissé entre 1984 et 2011 (à lexception notable des conséquences de la canicule de 2003 qui avait provoqué un pic à 552.339 décès notamment parmi les personnes âgées), avait repris son ascension depuis 2015.

     Le niveau des décès de 1983 (559.655 morts) a été rattrapé en 2012 (559.227 morts), dépassant celui de la canicule de 2003 (552.339 décès). A partir de 2012, le niveau atteint en 2015 et en 2016 s’est accru de +4,0% ; celui de 2017 avait progressé de 6,1% (avec 593.606 décès) ; celui de 2018 (596.552 décès) s’était accru de 6,7% par rapport au niveau de 2012. Mais, avant même la pandémie de la covid-19, le nombre de décès de 2019 avait déjà atteint 599.408 morts, soit une hausse de 7,2% par rapport à 2012. Et enfin, la covid-19 a accéléré cette mortalité avec une estimation à 654.000 morts, soit 16,9% de plus qu’en 2012. Il conviendra également de comprendre les raisons de la forte progression de la mortalité depuis 2014, bien avant la covid-19, pour atteindre des niveaux historiquement très hauts depuis 2015, en comparaison avec les évolutions enregistrées depuis plus de quarante années.

 
     S’agissant des effets de la covid-19 en France, elle a impacté très significativement la mortalité en 2020, en comparaison avec les années antérieures. Le débat n’est donc pas sur l’attribution ou non des décès à la covid-19, mais sur le constat que, globalement, l’année 2020 se détache des autres années sur le niveau élevé de la mortalité, comme l’on peut le constater sur le graphique précédent.

En effet, en mensualisant les décès, on observe que :

En janvier, la mortalité élevée est constatée en 2017 (67k(*) morts) et en 2021 (65,5k morts). Pour les autres années, les chiffres se situent entre 53k et 60k morts, dont 56,1k morts en 2020. La pandémie de la covid-19 n’existe pas encore en janvier 2020, mais elle marque l’année 2021, même si la mortalité reste inférieure à celle de 2017. Par ailleurs, le nombre de décès en 2021 est supérieur à celui de 2020. La grippe saisonnière de 2017 et le covid-19 ont produit les mêmes effets sur la mortalité.

En février, la mortalité se situe entre 48,5k pour 2016 et 51,5k pour 2017. La pandémie n’est pas encore déclaré en 2020 (50k décès), où les décès restent inférieurs à ceux de 2017 (51,5k) et 2019 (55k). Mais, la pandémie fait grimper la mortalité de 2021 à 56k décès, la plus élevée des six dernières années.

En mars, l’effet covid-19 démarre la différenciation de 2020 par rapport aux autres années antérieures. Les décès varient entre 49k en 2017 et 53k en 2016. Mais, le pic passe à 61,7k pour 2020, devant 59k en 2018 et même 57,3k en 2021. L’année 2020 se détache désormais des autres années.

En avril, la mortalité grimpe à 65,7k décès en 2020 contre 56k en 2021. Celle des autres années se retrouve en retrait, entre 46k en 2017 et 49,5k en 2018.

En mai, c’est la pandémie qui entretient la mortalité à 50,7k décès en 2021, loin devant les autres années : 47k en 2018 et 48k pour 2019 et 2020. L’effet pandémie covid-19 n’est plus significatif en mai 2020 par rapport aux autres années, à l’exception de 2021.

En mai, juin et juillet, les niveaux de mortalité deviennent comparables entre 2016 et 2020. En effet, nous arrivons vers la fin de la 1ère vague de la pandémie, la fin des confinements, la reprise progressive des activités, et les mouvements des populations vers les lieux de vacances en France, en Europe et à l’international. Les multiplications des interactions humaines occasionnent de nouvelles contaminations avec de nouvelles souches nées en Europe et en Amérique latine. Les variants font leur apparition dès la rentrée de septembre 2020 et font décoller la 2ème vague au début de ce même mois, puis la 3ème vague au début de 2021, avant l’accalmie de mai 2021. En juin 2021, la France enregistre même moins de décès que le même mois en 2019 (avant l’apparition de la covid-19).

En août, la mortalité repart à la hausse avec 48,2k en 2020, alors qu’elle reste comprise entre 44,5k en 2016 et 46k en 2018. C’est le début encore timide de la 2ème  vague des contaminations.

En septembre, la mortalité se confirme à 48,3k décès en 2020. Au cours des autres années antérieures, elle varie entre 43,8k (en 2016) et 45,0K (en 2017). Dès le mois de septembre, on confirme que la 2e vague, consécutive au retour de vacances en Europe et du reste du monde. Aussi, nous avons daté le départ de la 2ème vague de la pandémie covid-19 entre septembre et octobre 2020.

En octobre, la mortalité grimpe rapidement à 56,9k décès en 2020. Elle avait été comprise entre 48k décès en 2017 et 49,5k en 2016. La 2ème vague est alors confirmée.

En novembre, le nombre de décès monte à 64,7k en 2020, alors que la mortalité était comprise entre 49k en 2016 et 51k en 2019. L’écart entre la mortalité de novembre 2020 et novembre des autres années depuis 2016 se confirme par l’impact très violent de la covid-19.

En décembre, alors que nombre de décès est compris entre 52k en 2018 et 56,2k en 2016, il s’établit à 62,8k pour l’année 2020.

(*) : derrière un nombre, k signifie "kilo" ou mille. Aussi, 52k décès signifie 52.000 décès.

Les données comparatives sont reportées dans le graphique ci-dessous.

Conclusion

     Les élections présidentielle et législatives approchent pour 2022. Nul doute que la gestion de la pandémie du covid-19 sera au cœur des débats de la campagne électorale, depuis son apparition au début du mois de mars 2020 jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022. Cette pandémie a également contribué à l'expansion du courant souverainiste en France. Il gagne désormais les principales formations politiques.

L’impact de la covid-19 sur la mortalité en France est réel. Entre les décès habituels (maladies, accidents, etc.) et les décès par ou avec le covid-19, l’on constate que l’année 2020 et le premier semestre 2021 sont marqués par un accroissement significatif de la mortalité. Néanmoins, en janvier 2021, le niveau (65,5k) reste inférieur à celui de 2017 (67k), alors qu’en mars, le niveau de 2021 (57,3k) est inférieur à celui de 2018 (59k) (sans covid-19 cette année) et celui de 2020 (61,7k) qui marque le début de la pandémie en France. C’est donc en avril (et quelque peu en mai) que l’impact de la pandémie différencie nettement les années 2020 et 2021 des autres années, et les courbes révèlent une surmortalité relative. Il conviendra d’attendre l’éventuel impact de la pandémie en septembre 2021 pour confirmer ou non ses effets sur la mortalité au cours de dernier quadrimestre de l’année 2021. Les vaccinations entamées au premier trimestre 2021 semblent inverser la situation tendancielle de la mortalité de 2021 par rapport à 2020 à la même période de juin 2021, comme l’on peut l’observer sur le graphique. la mortalité de juin 2021 serait même inférieure à celle de 2019. L’on peut penser que les contaminations successives des souches du SARS-COV2 depuis 2020 contribuent à l’immunisation collective et que la vaccination des personnes vulnérables participe à la protection contre les formes graves de la maladie ; les deux combinées réduisent les risques de mortalité et le recours aux réanimations. Mais, il faudra attendre les résultats du retour de vacances d’été et la rentrée de septembre 2021 pour conclure sur la reprise ou non de la mortalité directe ou indirecte due à la covid-19.

Emmanuel Nkunzumwami


Écrivain - Essayiste
                      mail :
emmankunz@gmail.com

   
    Les publications en librairies :


Information au lecteur :

Abonnez-vous pour recevoir automatiquement nos publications.

Sur la page de votre mobile :
En haut, dans la bande noire, vous avec un icône présentant une enveloppe ouverte. Cliquez dessus et écrivez votre Email dans le champ S'abonner.


Sur la page de votre ordinateur :
En haut dans bandeau vert, sous le nom EMMANUEL  NKUNZUMWAMI, cliquer sur NEWLETTER et suivre les indications ci-dessous :

Le nom et ladresse e-mail des abonnés à ce blog sont exclusivement utilisés pour la diffusion des articles de ce blog : www.nouvelle-dynamique.org ; il en est de même pour tous les destinataires des informations diffusées par ce site. Il ny a aucune autre utilisation de ces données.
Vous gardez le plein droit de vous abonner, de vous désabonner ou de demander la suppression de votre e-mail de nos listes de diffusion.


Cest tout, cest très simple, cest tout à fait libre, cest unique et cest gratuit ! Le savoir n'est utile que quand il est partagé.

BONNE LECTURE ET A TRÈS BIENTÔT !

Retour à l'accueil