Les locomotives de l'économie mondiale en 2017
(source : Banque mondiale).

 L'Année 2017 aura été historique en France à plusieurs titres. Nous avons élu notre plus jeune président de la Ve République en France.
Mais aussi, la Banque Mondiale a refait ses calculs définitifs en juillet 2018 sur le Produit Intérieur Brut (PIB) de chacun des 193 pays pour classer la France au 7e rang mondial, derrière l'Inde. C'est donc l'année du nouveau déclassement de la France, qui passe pour la première fois derrière l'Inde en lui cédant sa 6e place, après avoir cédé sa 5e place au Royaume-Uni en 2016. C'était prévisible pour 2019 (voir : Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation, Éditions L'Harmattan, 2013), en raison du rythme de croissance des pays émergents par rapport à la France et l'Italie.
Pour mémoire, la France serait descendue derrière l'Inde en 2019 et derrière le Brésil en 2021, si la croissance moyenne avait atteint 1,75% en moyenne sur la période des projections de 2013. Mais, elle reste inférieure à cette moyenne, et donc le PIB français croissant moins vite que la moyenne attendue et moins vite que dans les pays émergents, ils nous rattrapent plus rapidement dans le temps. Et nous connaissons tous les multiples causes de ce déclassement de la France et de l'Italie (Cfr : La France inquiète face à son avenir. Éditions L'Harmattan, 2016).
 
Aussi, en chiffres définitifs de 2017, on retrouve :
1°- États-Unis : 19 390,60 milliards de dollars américains (G$).
2°- Chine : 12 014,61 G$
3°- Japon : 4 872,14 G$
4°- Allemagne : 3 684,82 G$
5°- Royaume-Uni : 2 624,53 G$
6°- Inde : 2 611,01 G$
7°- France : 2 583,56 G$
8°- Brésil : 2 054,97 G$
9°- Italie : 1 937,89 G$
 
10°- Canada : 1 652,41 G$
11°- Corée du Sud : 1 538,03 G$
12°- Russie : 1 527,47 G$
13°- Australie : 1 379,55 G$
14°- Espagne : 1 313,95 G$
15°- Mexique : 1 149,24 G$
16°- Indonésie : 1 015,41 G$
17°- Turquie : 849,48 G$
18°- Pays-Bas : 825,75 G$
19°- Arabie Saoudite : 683,83 G$
20°- Suisse : 678,58 G$
21°- Argentine : 637,72 G$
 
Les États-Unis continuent de courir en tête de la compétition économique mondiale, mais la Chine (62,0% des États-Unis) s'est largement détachée du peloton des suivants, et se rapproche désormais des États-Unis, très loin devant le Japon (40,6% de la Chine). Ainsi donc, parmi les 21 nations qui ont dominé l'économie mondiale en 2017, on retrouve les pays du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada) et onze des douze pays émergents des BRICS-AMACITA (Chine 2°, Inde 5°, Brésil 8°,Corée du Sud 11°, Russie 12°, Australie 13°, Mexique 15°, Indonésie 16°, Turquie 17°, Arabie saoudite 19° et Argentine 21°). Il manque l'Afrique du Sud (33°), déjà dépassée par le Nigeria (31°) depuis quelques années. Pour l'Union européenne, outre les quatre pays du peloton de tête, on compte sur l'Espagne et les Pays-Bas parmi les 21 grandes économies mondiales ; soit 6 pays sur les 28 membres de l'Union européenne en 2017. Les trois autres pays, la Suède 23° (538,58G$), la Pologne 24° (524,89 G$) et la Belgique 25° (494,73 G$), arrivent loin derrière Taïwan 22° (579,30 G$) et avant la Thaïlande 26° (455,38 G$).
 
Pour l'Afrique, les résultats pour les comptes définitifs de 2017 sont encourageants pour les trois premières économies du continent :
31°- Nigeria : 396,5 G$
33°- Afrique du Sud : 349,3 G$
45°- Égypte : 237,1 G$
La Côte d'Ivoire est le premier pays francophone subsaharien de la zone CFA qui arrive en tête avec seulement 40,36 G$ au 93° rang mondial. Devant ce pays de l'Afrique de l'Ouest, outre le Nigeria, l'Afrique du Sud et l’Égypte, arrivent également l'Algérie 55° (178,29 G$), l'Angola 59° (124,21 G$), le Maroc 61° (109,82 G$), l’Éthiopie 67° (80,87 G$), le Kenya 68° (79,51 G$), le Soudan 77° (58,24 G$), la Tanzanie 82° (51,73 G$), le Ghana 88° (47,03 G$) et la République démocratique du Congo (RDC) 90° (41,44 G$). Ce dernier étant le plus doté en ressources naturelles minières de tout le continent africain.
 
Avec de réelles et sérieuses ambitions sur les socles des piliers du développement, tels qu'ils ont été analysés dans le livre ci-dessous :
les quatorze premières économies africaines, dont la Tunisie 94° (avec 40,28 G$), peuvent être réparties en 3 groupes. Les 6 LEADERS, avec plus de 100 G$ (Nigeria, Afrique du Sud, Égypte, Algérie, Angola et Maroc) détiennent les clés de l'émergence du continent. Les 4 SPRINTERS devraient accélérer la croissance pour se hisser au-dessus de la barre des 100 G$ (Éthiopie, Kenya, Soudan et Tanzanie). Ce sont des locomotives de l'Afrique orientale (hors Soudan). Enfin, les 4 OUTSIDERS devraient d'abord consolider les piliers du développement pour stabiliser la fusée afin d'assurer un meilleur décollage réussi (Ghana, République démocratique du Congo, Côte d'Ivoire et Tunisie). Soit 14 pays ayant atteint au moins 40 G$ de PIB en 2017 sur les 54 pays du continent africain, le continent le plus riche du monde. On mesure l'importance des efforts nécessaires pour bâtir les socles du développement sur ce continent. Certes, la croissance n'est pas le développement ; mais, il n'y a pas de développement sans investissement sur ses fondamentaux et sans redistribution économique des fruits de la croissance. Le potentiel de croissance et de relance de l'économie mondiale est donc bien réel en Afrique.
 
Les chiffres définitifs du PIB de 2018 ne seront connus qu'en juillet 2019.
Pour la France, le compteur de la dette au 7 septembre 2018 indique 2.586,8 milliards de dollars de dette publique (elle représente environ 100,1% du PIB de 2017). Le redressement de la France est donc un besoin urgent. Néanmoins, les États-Unis, ou même la Belgique, sont dans la même situation d'endettement, mais ces deux pays ont gardé leur rang dans le classement mondial.
 
Bon week-end à tous.

Emmanuel Nkunzumwami
Analyste économique et politique
Écrivain - Essayiste
Président de Future Afrique Notre Avenir

 
Courriel : emmankunz@gmail.com
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