Les dirigeants africains doivent comprendre que l'avenir des Africains est en Afrique.

Publié le par Emmanuel Nkunzumwami

 

Il faut le savoir et le communiquer aux candidats à l'immigration en France...


       La France est une terre d'accueil, indiscutablement ! Mais, pour quel avenir ? Est-ce que les enfants de parents issus de l'immigration "récente" y rencontrent autant de chances de réussite que leurs camarades issus de "lignées plus anciennes" et "blanches" sur le territoire ?

La réponse est définitivement : NON !

      Cela interroge fortement sur les politiques publiques d'intégration, et aussi sur le modèle de coopération entre la France et l'Afrique. En parcourant les grandes et moyennes entreprises, présentes à l'international, et notamment en Afrique, on s'interroge : Combien sont représentées par des "Top Managers" issus de l'immigration en France ? Où est passé le "Label de la Diversité" défini par la loi sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ? L'exemplarité des réussites professionnelles est très faible dans les milieux des populations issues de l'immigration, alors que l'on ne s'étonne pas que les ressorts des jeunes pour réussir deviennent trop faibles également... On se projette en s'identifiant à un modèle. Mais, où sont-ils ces modèles de réussite ? Tant les échecs sont plus nombreux que les succès ! L'intégration par le travail, l'un des étages de l'intégration, est en panne depuis des décennies. Et l'intégration citoyenne, par les mandats électifs, est encore trop faible en France... Gagner un scrutin uninominal (comme Barack Obama aux États-Unis) appartient encore aux rêves ou relève de l'exploit en France. Mais, figurer sur la liste des candidats dans les scrutins de listes, devient également un parcours de "vétérans"... On l'a encore constaté lors des dernières élections régionales des 6 et 13 décembre 2015. Les partis politiques de droite discriminent encore plus que les autres ; leurs réseaux d'influence ont des consignes pour exclure ces "Français immigrés" d'Afrique... Depuis la forte pression du Front national en France, le discours raciste s'est libéré, notamment dans le principal parti de la droite. Donc on discrimine, mais on ne le dit pas ! Certains dirigeants politiques, ou même des entreprises ou des administrations, ne courent pas derrière le Front national, ils veulent encore se ditinguer, anticiper : donc, ils courent devant le FN ! Observez les exécutifs des treize nouveaux Conseils régionaux... Combien de Français issus de l'immigration ? Pourtant, il y avait des candidats à la candidature. Ils en ont été exclus. Les victimes le savent aujourd'hui, et elles en sont amères. Les discriminations se dressent donc partout comme des barrières pour accéder à la réussite... De nombreux "Français issus de la Diversité" ont même pensé à créer leur propre parti politique pour évoluer en son sein. Depuis la révolution française de 1789, les républiques se succèdent (la France en est à sa Ve République ! Même si le Ier Empire sous Napoléon Ier, la monarchie de Juillet, et le Second empire sous Napoléon III se sont interposés), mais l'esprit féodo-monarchique est toujours présent. La loyauté ne sert pas, dans ce système, mais la féodalité (au service du baron local, du grand élu ou leader local connu pour marcher dans son ombre) est devenue un passeport pour progresser. Exit les convictions et les capacités intellectuelles d'analyse, il faut se taire et obéir. Ce n'est pas étonnant que les pays de l'Afrique francophone reproduisent sur leur sol les mêmes réflexes que leurs maîtres en France.

       Ces déceptions, au sein des grands partis politiques pourraient être des stimulants pour quelques jeunes cadres "noirs" et "arabes", à pousser les portes du Front national. Ce dernier semble leur assurer un accueil bienveillant. Comme la droite opère des discriminations sans le dire, et que le Front national se positionne clairement sur la défense de l'identité française sans en exclure celles et ceux qui viennent à lui... jusqu'à la prochaine déclaration de type "Sophie Montel" sur "l'inégalité des races" contre les Noirs, ou alors le discours de l'un des dirigeants du parti sur "l'occupation des Musulmans", pour refouler ces nouveaux adhérents de type particulier. Des orphelins sociaux, sans repères et peu ou pas intégrés, la France serait-elle entrain de fabriquer également des "orphelins politiques" ? C'est un pays qui s'interdit de créer ou d'accepter la formation des "communautés" (Noirs, Arabes, Chinois, Indiens, Chrétiens, Musulmans, etc.), mais qui reconnaît et protège la seule "communauté juive" ou "communauté israélite" reconnue sur son territoire. C'est une minorité historique qui a effectivement souffert au cours de son long parcours dans le temps, et la France se rachète une conduite depuis l'holocauste pendant la 2e guerre mondiale. Les rafles des Juifs en France vers les chambres à gaz sont encore vives dans nos mémoires. Si les membres de cette communauté subissent des exactions et des attaques, l'Etat d'Israël est prêt à les accueillir. Ainsi, 7.500 personnes en 2014 et 7.900 personnes en 2015 ont choisi l'émigration de la France vers Israël. Mais les Noirs qui ont subi quatre siècles de traite négrière et d'esclavage, que fait-on pour eux ? Ils font le chemin inverse en quittant les barbaries de leurs dirigeants pour venir vivoter en France ? Ils n'ont même pas besoin d'un signe de différenciation ou de reconnaissance : la couleur de peau suffit pour les identifier... Quel triste sort ?

       Il convient néanmoins de se souvenir que ce sont les Japonais qui ont construit l'industrie japonaise de l'après-guerre, et que ce sont les Sud-Coréens qui ont bâti la puissance industrielle de leur pays, en tirant profit de leur coopération avec les puissances industrielles occidentales, en tête desquelles se trouvent les Etats-Unis. Aujourd'hui, les Chinois ont retroussé les manches pour bâtir la 2e puissance économique et la 1ère force financière du monde. Ils ont conçu et mis en oeuvre des stratégies pour cela. Les ressortissants des autres pays émergents suivent les mêmes exemples. Ils ont réussi, parce qu'ils en avaient l'ambition et qu'ils ont déployé leur force de travail à cet effet. De nos jours, le respect des peuples est proportionnel à leur puissance économique, et à leur capacité de rétorsion. Aussi longtemps que les Africains se comporteront en mendiants assistés et en gagne-petit, ils ne défendront pas leurs capacités, leur dignité ou leur honneur, et ils seront toujours méprisés...

       Avant de vous projeter dans les fantasmes d'un avenir doré, lisez donc cette étude des chercheurs de l'INED (Institut national des études démographiques) et de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) en France... La synthèse est accessible dans le lien ci-dessous :

http://www.francetvinfo.fr/societe/trois-elements-qui-montrent-les-difficultes-d-integration-des-enfants-d-immigres-en-france_1259365.html

Et si vous recherchez l'épanouissement dans la réussite, il y a des cieux plus cléments ailleurs...

Emmanuel Nkunzumwami
Ecrivain-Essayiste

http://www.francetvinfo.fr/societe/trois-elements-qui-montrent-les-difficultes-d-integration-des-enfants-d-immigres-en-france_1259365.html
Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation, Ed. L'Harmattan, 2013.

Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation, Ed. L'Harmattan, 2013.

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RA 15/01/2016 16:32

Je suis tout à fait d'accord sur tous les points que vous avez soulevés. Cependant, un point particulier m'interpelle, quand vous dite, "C'est un pays qui s'interdit de créer ou d'accepter la formation des "communautés" (Noirs, Arabes, Chinois, Indiens, Chrétiens, Musulmans, etc.), mais qui reconnaît et protège la seule "communauté juive" ou "communauté israélite" reconnue sur son territoire". Ceci est bien vrai à un certain point. Pourtant force est de constater que cette communautarisme existe belle et bien et sont encouragées et reconnues aux travers des subventions et aides diverses accordées par les autorités aux différentes associations et organisations en France à visées communautaires.
Là où je diffère un peu dans votre analyse est que vous faites un constat généralisé de sujet évoqué. Or, le problème se focalise plus au niveau de la population immigré originaires de l'Afrique noir. C'est une évidence que la société française n'a pas vocation à faire "volontairement" de la place à certaines populations immigrés et leurs descendantes. A partir de ce constat, que doivent faire ces personnes ? Rester les bras croisés, attendre qu'on vienne les prendre par la main pour les intégrer ou assimiler ? Vous et moi savons que cela n'arrivera jamais. Pourtant, beaucoup de communautés vivant en France ont su trouvé leur place dans cette société. Comment font-elles ? Eh ! bien, elles s'organisent économiquement et culturellement, parfois aussi, politiquement ; notamment, au niveau local. En s’organisant, elles arrivent à s'imposer comme une force avec laquelle on doit composer à travers diverses initiatives et actions en faveur de leur communauté.
Quand est-il de la communauté noire en France ? Vous pensez qu'elle a compris que pour exister, se faire respecter et se frayer un chemin dans cette société qui n’est pas disposer à encourager son intégration, elle doit à l'instar des autres communautés s'organiser en une entité visible et respectueuse, capable de se faire entendre, se prendre en charge et défendre les intérêts de ses membres? Ne vous est –il jamais arrivé d’entendre la moquerie de la part même des immigrés à l’égard des noirs en France qui dit, « les autres ont avancé, sauf vous » ?
Je termine avec un dicton en anglais qui dit, "IF YOU DON'T SAY I AM, NO BODY WILL SAY YOU ARE".

Emmanuel 18/01/2016 17:02

Merci RA (Regina) de ta contribution à ce vieux débat. OUI, le proverbe anglais est juste. De nombreux Noirs ont longtemps pensé que l'Européen lui dira ce qu'il doit être, ce qu'il doit faire et où il doit vivre ! Donc, il avait baissé le niveau d'efforts pour se construire par lui-même !
S'agissant de la "Communauté israélite", elle a un avantage de communication : un histoire douloureuse universellement reconnue et une culture religieuse d'appartenance. Ces deux éléments sont des "morceaux" d'identité mobilisatrice. Ensuite, les membres de cette communauté travaillent beaucoup pour défendre leurs positions dans la société ! Cela crée des émulations et des images positives de projection auprès des jeunes. Les Noirs ne forment pas une "communauté" mais des diasporas... cela réduit la cohésion d'ensemble. Les noyaux ont beaucoup de mal à s'installer... de type identité géographique et religieuse comme "Les Maghrébins". ou "Arabo-musulmans du Maghreb". Il reste une identité de couleur : être Noir. Mais elle ne suffit pas. Pourquoi les Chinois et les Indiens réussissent ? parce qu'ils s'abritent derrière une "bannière". Ils sont Chinois ou ils sont Indiens pour rappeler le pays d'appartenance ! L'Afrique n'est pas un pays, régi par les mêmes règles et une même politique d'implantation à l'extérieur comme la Chine ou l'Inde. Il reste une voie : des "micro-communautés" construites sur les origines "pays", mais handicapées par les querelles "ethniques". Cette difficulté est réelle... mais elle n'est pas durable ! Ce sont les intégrations économiques régionales en Afrique qui forgeront les "identités" à la chinoise ! Donc, la consolidation communautaire des Noirs viendra de l'Afrique elle-même... Il y a au moins une barrière qui a été franchie : celle de la culture et des appartenances religieuses. La majorité des Noirs, notamment du centre, de sud et une grande partie de ceux de l'est, sont des Chrétiens. C'est un axe d'intégration sur lequel les Noirs n'ont pas suffisamment capitalisé... Ils le devraient.Quant à la reconnaissance des "communautés", non. La France reconnaît les association loi 1901. Les Africains peuvent donc se regrouper dans ces associations pour défendre leurs causes ou leurs intérêts... Mais, ils n'auront pas la protection policière pour protéger spécifiquement leurs patrimoines sous ce label... Mais effectivement, rien n'interdit d'intervenir sur leurs situations à travers les associations... Néanmoins, les combats restent individuels et la conquête des positions reste une démarche personnelle, sans appui sur une"organisation de type communautaire". Enfin, comme l'écrit à juste titre mon ami Yves dans le commentaire ci-dessous, ils n'ont pas développé de "compétences économiques" spécifiques, pour s'installer dans une filière... Voilà les axes de développement, après le constat que si les populations immigrées d'origine d'Afrique noire ne font rien, rien ne leur sera offert sans effort ! Après ce constat, chaque famille devrait faire sien ce proverbe rwandais : Ak'imuhana kaza imvura ihise ! Le secours des voisins arrive après la pluie... (en cas de tempête orageuse, si l'on a rien fait pour se prémunir des moyens de protection, le secours extérieur n'interviendra qu'après le passage de ladite tempête... Et souvent, c'est trop tard pour sauver l'immeuble et les meubles...

Yves Leclercq 15/01/2016 10:54

Une réussite personnelle ne peut dépendre que d'une volonté "de fer", d'un bon choix d'un "créneau", de l'acquisition d'une compétence solide dans le métier choisi. La politique relève du choix d'un parti politique, qui évalue d'abord ses chances de remporter la victoire. Il travaille pour lui, et non pour le candidat. C'est l'élu qui peut se créer un espace de liberté, dire "Je". Ne pas oublier, aussi, que la politique est d'abord une passion, avant de devenir un métier.
La France n'est pas actuellement un terrain facile; propice à la réussite. Sa situation globale est trop mauvaise.

Emmanuel 18/01/2016 17:10

Merci beaucoup cher Yves ? l'observation est juste et la situation française actuelle est également, hélas ! préoccupante. Cela fait quelques décennies que les politiques parlent de RENOUVEAU ou de Nouveaux talents... Même au sein du RPR, il y avait eu une petite équipe des "Rénovateurs" dans les années 1980 ! Bien avant les frondeurs du PS... Sans succès... Alors celles et ceux, issus de populations immigrées, attendront encore longtemps si des individus ne se prennent par la main et la volonté pour se battre ! Le problème, c'est la représentativité sociologique... moins les communautés sont significatives "économiquement ou numériquement" dans le paysage électoral, plus les combattants deviennent des acteurs isolés... donc fragiles politiquement ! C'est la situation actuelle...